Paris et Berlin veulent élargir l’UE à moindre coût

Caceres (Espagne), 8 février 2002 – La France et l’Allemagne ont critiqué vendredi lors d’une réunion informelle des chefs de la diplomatie des Quinze un programme qui prévoit de verser 40 milliards d’euros (262 milliards de FF) pour l’agriculture et le développement régional des dix pays devant rejoindre l’Union européenne en 2004.

Au cours de cette rencontre à Caceres, en Espagne, d’autres dossiers tels que ceux des Balkans, notamment du Monténégro et de la Macédoine (vendredi), et du Proche-Orient (samedi) devaient être évoqués bien que la présidence espagnole de l’UE n’ait pas fixé d’ordre du jour formel.

Selon des participants à cette réunion semestrielle, dénommée Gymnich du nom du château allemand où s’était tenu la première édition en 1974, Paris et Berlin souhaitent une réduction de 25% de la ligne budgétaire pour 2004-2006 destinée aux régions les plus pauvres de Chypre, Malte et de huit pays d’Europe de l’Est -Pologne, Hongrie, Slovénie, République tchèque, Estonie, Slovaquie, Lettonie et Lituanie.

Les Pays-Bas et la Grande-Bretagne jugent également le budget trop généreux, surtout pour le soutien à l’agriculture, qu’ils voudraient supprimer pour les Quinze, et dont la France est le premier bénéficiaire. Amsterdam et Londres estiment que les aides découragent les gouvernements d’Europe de l’Est de restructurer leur agriculture pour la rendre plus productive. En Pologne, le secteur agricole emploie 27% de la population active, contre 5,4% en moyenne dans l’UE.

La réunion a permis une première évaluation de l’argent que l’UE peut dégager pour accueillir ses nouveaux membres mais les réactions de vendredi laissent présager de longues tractations entre les Quinze.

Les aides à l’agriculture et au développement régional représentent les quatre cinquièmes des 100 milliards d’euros (656 milliards de FF, dont la moitié pour l’agriculture) du budget de cette année. Les subventions qui seraient versées aux dix futurs membres ne représenteraient que 35% de celles versées aux membres actuels, et l’équité ne serait établie qu’en 2013. Les pays de l’Est critiquent cette disposition, tandis que plusieurs des Etats membres les trouvent encore trop généreuses.

Les Quinze doivent s’entendre sur le budget global d’ici 2006, date de début du nouveau budget pour cinq ans. L’Allemagne veut obtenir un accord au long terme pour l’agriculture, avant 2004 où il faudra accorder 25 violons au lieu de 15.

La Roumanie et la Bulgarie pourraient adhérer à l’Union européenne plus tard dans la décennie, tandis que la Turquie, également candidate, n’a pas encore entamé les négociations.

Le fin mot sur le budget est attendu pour la fin de l’année, afin que les Parlements disposent d’un an pour ratifier et que les nouveaux membres soient intégrés au 1er janvier 2004, après plusieurs années de « mise à niveau » sur un large éventail de questions, de l’environnement à la concurrence en passant par la démocratie. Les dossiers de l’agriculture et de l’aide régionale, particulièrement sensibles, ont été gardés pour la fin.

Source : AP

Commentaires