Pas assez d’importance à la question de l’acceptabilité sociale de l’agriculture

Montréal (Québec), 23 octobre 2001 – En marge du « Rendez-vous de mi-parcours » des décideurs du secteur agricole et agroalimentaire qui avait lieu les 17 et 18 octobre dernier à Saint-Hyacinthe, le maire de Masson-Angers et membre du conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), monsieur Luc Montreuil, déplore que le Plan d’action 1998-2205 en agroenvironnement n’accorde pas suffisamment d’importance à la question de l’acceptabilité sociale de l’agriculture. « Bien que le bilan de mi-parcours illustre que les actions menées depuis 1998 ont conduit à des résultats positifs à plusieurs égards, une seule des quarante actions porte sur l’aspect du développement durable de l’agriculture au Québec! a-t-il indiqué. Nous comprenons par ailleurs que ce plan n’apporte pas des réponses à toutes les problématiques et c’est pourquoi l’UMQ s’engage à mener des actions complémentaires en ce sens. »

L’ensemble du dossier du développement et de l’expansion des entreprises agricoles a fortement préoccupé l’UMQ au cours de la dernière année et celle-ci compte poursuivre ses efforts pour inciter les municipalités à se doter d’un outil de gestion intégrée du territoire : le plan de développement de la zone agricole. « Un tel instrument permettra aux municipalités d’assurer l’harmonisation des usages qui tiennent compte des potentiels et contraintes du milieu et du développement économique local et régional, tout en assurant à la population le droit à un environnement de qualité », a ajouté M. Montreuil.

L’UMQ interpelle aussi le gouvernement du Québec pour qu’il accorde une aide financière pour soutenir un autre projet de recherche universitaire dans le cadre du « Plan d’action en agroenvironnement d’ici 2005 », dans le but d’explorer d’autres pistes de solutions aux problèmes de l’acceptabilité sociale liée aux activités agricoles.

Pourquoi se doter d’un plan de développement de la zone agricole

Le problème des odeurs provenant de certaines opérations animales est au coeur des préoccupations du monde municipal et révèle notamment un problème d’usage conflictuel du territoire rural. A l’heure où certaines pratiques agricoles menaceraient de plus en plus la santé de la population et les équilibres naturels déjà fragiles et créent, dans plusieurs régions du Québec, une situation de confrontation entre agriculteurs, citoyens et municipalités, « il est urgent de mettre en place les conditions pour assurer la prospérité et le développement durable des collectivités rurales », précise M. Montreuil.

Puisque les municipalités disposent déjà des pouvoirs appropriés pour assurer une cohabitation harmonieuse de tous ses citoyens mais qu’il leur manque un outil indispensable pour une gestion intégrée du territoire, l’UMQ propose au gouvernement d’inciter les municipalités à se doter d’un plan stratégique de développement de la zone agricole. L’Union réitère ainsi sa demande auprès du gouvernement afin qu’il supporte les décideurs et les professionnels de l’aménagement chargés d’élaborer le plan de développement de la zone agricole, en encourageant leur formation et en développant des outils didactiques à leur intention, tout en octroyant aux MRC les ressources financières en conséquence.

L’UMQ en accord avec les consensus recherches en agroenvironnement

Par ailleurs, l’Union des municipalités du Québec s’est dite en accord avec les consensus recherchés sur les actions prioritaires permettant la poursuite du virage environnemental des fermes, la mise en oeuvre de l’écoconditionnalité et la modernisation de la réglementation sur la pollution d’origine agricole. Bien que l’UMQ soit pour l’accélération de la mise en oeuvre de ces cibles prioritaires, elle rappelle cependant qu’il est nécessaire que tous les moyens soient mis à la disposition des intervenants pour l’atteinte des résultats souhaités, notamment avec de l’aide financière pour supporter les entreprises agricoles de 50 unités animales et plus à la construction de structures étanches pour l’entreposage des fumiers.

« L’Union des municipalités du Québec entend poursuivre son implication jusqu’à l’échéance de 2005 à titre d’organisation membre du Groupe de travail et partenaire dans différentes actions du Plan d’action. Nous déploierons ainsi tous les efforts nécessaires au cours des prochaines années pour que les municipalités assurent une cohabitation harmonieuse entre les usages agricoles et non agricoles », a conclu M. Montreuil.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des municipalités du Québec (UMQ)

http://www.umq.qc.ca/

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