Pêche : accord européen sur les captures

Bruxelles (Belgique), 18 décembre 2001 – Les ministres européens de la Pêche sont parvenus, à l’issue de 26 heures de discussions particulièrement âpres, à s’entendre sur le montant des captures de stocks de poissons pour l’année 2002 et leur répartition par Etats.

Les réductions des captures qui avaient été réclamées par la Commission européenne le 4 décembre ont été sensiblement atténuées par les Quinze. Ainsi, les « totaux admissibles de capture » (TAC) pour les langoustines dans le Golfe de Gascogne seront réduits de 20 à 35%, alors que la Commission avait proposé aux Quinze une réduction de 45 à 50%. Pour l’églefin en mer d’Irlande, les captures devront être réduites de 50% contre les 52% proposés par la Commission. Seule la Grèce s’est abstenue sur l’accord sur les TAC.

En dépit de cette atténuation des ambitions de la Commission en matière de réduction des captures, le Commissaire européen chargé de la Pêche, Franz Fischler, s’est déclaré persuadé lors d’une conférence de presse que « pour tous les stocks, on s’est assuré qu’il n’y aura pas d’aggravation de la situation ».

Se référant à des résultats scientifiques, la Commission européenne tire la sonnette d’alarme sur les dangers de voir les stocks de poissons menacés de reconstitution en raison d’une exploitation excessive des ressources halieutiques.

Le ministre français pour l’Agriculture et la Pêche, Jean Glavany, a estimé pour sa part qu’il s’agissait d’un accord “qui globalement préserve l’essentiel pour les pêches françaises”.

Six pays (France, Irlande, Espagne, Italie, Portugal, Grèce) se sont serrés les coudes pendant les négociations face aux exigences de la Commission, expliquant en partie leur longueur, a-t-on appris de sources concordantes dans les couloirs du Conseil.

Les Quinze se sont entendus également sur la prorogation pour six mois d’un programme d’aide publique à la réduction des capacités de pêche, a-t-on expliqué de source européenne.

Plusieurs pays réclamaient que cette aide, appelée « programme d’orientation pluriannuel », soit prorogée telle quelle pendant toute l’année 2002, mais la Commission souhaitait y ajouter plusieurs conditions supplémentaires pour renforcer les dispositions chez les Quinze visant à réduire leurs capacités de pêche.

Un compromis a finalement été trouvé aux termes duquel le programme d’aide est prorogé de six mois seulement, avec l’ajout d’une seule condition.

Quand une aide publique est accordée à la modernisation des capacités d’un navire sur une base de 100, l’Etat membre doit s’engager à retirer l’équivalent de 135 dans ses capacités de pêche plus anciennes (moteurs, tonnage, etc..)

« Notre flotte dans l’Union européenne (UE) est trop importante et nous avons à la réduire », a répété Franz Fischler devant des journalistes à l’issue du Conseil.

L’objectif primordial de la Commission est de parvenir à mettre en place, à compter du début de 2003, une nouvelle Politique Commune de la Pêche (PCP) qui permettrait, selon Franz Fischler, d’équilibrer les ressources halieutiques avec les capacités de pêche communautaires.

Source : AFP

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