Pépinière à fusariose

Le chercheur scientifique Radhey Pandeya est à la fois le pire cauchemar d’un épi de blé et le meilleur ami du producteur. Sa pépinière à fusariose de l’épi à la Ferme expérimentale centrale d’Ottawa aide les sélectionneurs à trouver de nouvelles variétés de blé qui résistent à cette maladie fongique coûteuse.

La fusariose de l’épi est le principal fléau du blé, au Québec comme en Ontario et dans les Prairies. Lors de saisons avec des conditions humides, ces champignons se multiplient. Cette maladie particulièrement difficile à combattre cause chaque année des dommages aux cultures qui se comptent en millions de dollars.

Les dommages causés par la fusariose de l’épi sont particulièrement graves, car la maladie infecte l’épi au moment de la floraison et produit une toxine qui rend la récolte impropre à la consommation.

En partant du principe que la meilleure défensive est une bonne offensive, un concept tout à fait logique pour les sélectionneurs de végétaux, les scientifiques recherchent la résistance à la maladie comme stratégie de lutte.

Les sélectionneurs sont donc toujours à l’affût de nouvelles lignées de blé résistant à la fusariose de l’épi, ce qui fait ressortir tout l’intérêt de la pépinière à fusariose de l’épi de Radhey Pandeya.

En fonctionnant comme un hôpital à l’envers, où l’objectif est de rendre les patients mortellement atteints, le personnel de la pépinière de fusariose de l’épi infecte délibérément les plants de blé en milieu fermé. Ceux qui ne succombent pas au fléau fongique présentent un grand intérêt en raison de leur potentiel de résistance.

Tout cela semble simple, mais il faut tenir compte d’éléments pratiques. Par exemple, bien que la fusariose de l’épi puisse être hyperactive en milieu ouvert, elle peut ne pas l’être autant sur demande. Elle préfère transmettre son infection selon sa propre logique.

Pour inciter le champignon à être plus combatif, Radhey Pandeya a établi un système automatisé qui inocule la fusariose de l’épi aux plantes au moment où la tête de la fleur se forme, et les en inonde sans cesse. Dans le cadre humide idéal qu’aime bien le champignon, les candidats infortunés en reçoivent un jet de 30 secondes toutes les six minutes, du lever au coucher du soleil.

Dans ces circonstances, la résistance n’est pas futile, car elle est le seul espoir de survie de ces plantes. La récompense qui attend ces survivants héroïques est la possibilité de devenir des ancêtres vénérés dans la quête d’un meilleur blé.

Il y a actuellement 2 592 lignées de blé d’hiver et 2 618 lignées de blé de printemps qui sont aspergées de fusariose dans la pépinière. Des pépinières distinctes ont aussi été construites afin d’évaluer le potentiel de résistance du maïs et de l’orge.

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada

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