Plan d’intervention pour la forêt : une série d’initiatives totalisant 925 M$

Montréal (Québec), 28 mars 2006 – Le ministre du Développementéconomique, de l’Innovation et de l’Exportation, M. Raymond Bachand, leministre des Ressources naturelles et de la Faune, M. Pierre Corbeil, et laministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Mme Michelle Courchesne, ontdévoilé ce matin le détail des actions totalisant 925 M$ que le gouvernementprendra dans le cadre de son Plan d’intervention pour la forêt.

Cette annonce fait suite au Discours sur le budget 2006-2007 présenté le 23 mars 2006. Le gouvernement du Québec répond ainsi à la demande destravailleurs, des régions et de l’industrie forestière.«Le Plan d’interventionpour la forêt prévoit une série d’initiatives qui permettront aux entreprisesdu secteur forestier québécois d’améliorer leur compétitivité et auxtravailleurs touchés de parfaire leurs compétences», a précisé le ministreBachand.

Suite aux demandes formulées par l’industrie forestière en juin 2005, lepremier ministre Charest avait rapidement rencontré les gens de l’industrie.Par la suite, le gouvernement du Québec a notamment créé, en novembre 2005, unGroupe conseil sur l’avenir de l’industrie forestière. Après l’analyse desplans d’action déposés par les Conférences régionales des élus (CRE), legouvernement annonçait, en octobre 2005, des mesures pour venir en aide àl’industrie forestière, à ses travailleurs ainsi qu’aux collectivitéstouchées. L’annonce d’aujourd’hui s’ajoute à cette série de décisions.

Investissement et modernisation des entreprises forestières
Le gouvernement du Québec met à la disposition des entreprises del’industrie forestière, sous forme de prêts, une enveloppe de 425 M$ répartiesur deux ans. De cette somme, 75 M$ seront réservés aux PME sous forme decontributions remboursables et 350 M$ seront alloués aux entreprises pouvantoffrir des garanties à même les droits compensatoires actuellement déposés enfiducie aux Etats-Unis. «Cette mesure incitera le développement de projetséconomiques qui amélioreront la productivité et qui constitueront un apportsignificatif au développement des régions du Québec», a soutenu le ministreBachand.

Réduction des coûts d’exploitation et augmentation des investissements sylvicoles
Le gouvernement s’engage dans une démarche de réduction des coûts del’industrie en annonçant 436 M$ sur quatre ans. Les mesures incluent : un plande réduction des coûts d’opération, jumelé à une augmentation desinvestissements sylvicoles (210 M$); un crédit d’impôt remboursable de 40 %pour la construction et la réfection majeure de chemins d’accès et de ponts enmilieu forestier (100 M$); un crédit additionnel de taxe sur le capital de15 % des investissements réalisés jusqu’en 2009 pour les entreprisesmanufacturières du secteur forestier (120 M$); une mesure d’étalement durevenu, destinée aux propriétaires de boisés privés, pour favoriser la mise enmarché de volumes additionnels de bois pour les usines de transformation(6 M$); la mise en oeuvre d’une Stratégie d’investissements sylvicoles quiviendra bonifier les travaux d’aménagement déjà réalisés dans les forêtspubliques et privées du Québec. Le ministre Corbeil a tenu à rappeler que «lamodernisation de la gestion forestière est bien amorcée. Nos actionspermettront aux Québécois de profiter d’une forêt en santé. De cette façon,nous consolidons les emplois et nous renforçons le Québec».

Simplification des processus administratifs
Plusieurs consultations menées au cours des dernières années, notammentdans le cadre de la commission Coulombe, ont mis en lumière la nécessité desimplifier les processus administratifs. Le gouvernement a mis sur pied ungroupe de travail pour réviser et simplifier les normes administratives et,ainsi, alléger les procédures. Des changements concrets sont prévus auprintemps 2006 et d’autres, à l’automne 2006.«La gestion des forêts du Québec,que nous sommes à moderniser, est un processus où interagissent une multitudede mécanismes. Dans ce contexte, nous voulons revoir rapidement diverséléments du régime forestier qui pourraient être allégés afin de simplifierles procédures et de réduire ainsi les coûts d’application, en s’assurant quela gestion forestière continuera de se faire dans une perspective dedéveloppement durable», a tenu à préciser M. Corbeil.Des mesures pour atténuer l’impact de la baisse des possibilités ligneuses
Dans le but d’atténuer l’impact de la baisse des possibilités ligneusespour l’industrie de la transformation des bois résineux, le ministre Corbeil aprofité de l’annonce des mesures budgétaires pour indiquer les nouvellesmodalités entourant la récolte de bois secs et sains dans les forêts publiquesdu Québec. «A la suite d’un avis du Forestier en chef et de demandes deplusieurs CRE, il a été décidé qu’entre le 1er avril 2006 et le 31 mars 2008,les industriels seraient autorisés à récolter, sur une base ponctuelle,jusqu’à concurrence de 5 % de bois secs et sains en surplus de leursattributions annuelles, et ce, pour l’épinette noire et l’épinette blancheseulement. Les modalités techniques de cette nouvelle mesure serontcommuniquées aux entreprises concernées, de façon à s’assurer que cetterécolte se fasse en respectant le développement durable et de la pérennité denos forêts. Des modifications législatives pourraient devoir être apportées»,a déclaré le ministre Corbeil.

Soutien aux travailleurs de l’industrie forestière
Le Plan dévoilé par le gouvernement comprend aussi une importantestratégie de soutien aux travailleurs de l’industrie forestière. Un budget de44 M$ sur quatre ans est consenti pour offrir un soutien financier pendant lapériode de transition professionnelle ainsi que pour de la formation et del’encadrement dans la recherche d’emploi. La ministre compte ainsi agir en vuede maintenir en emploi le maximum de travailleurs ou encore assurer le retouren emploi du plus grand nombre possible dans le secteur forestier par lesmesures de soutien offertes par Emploi-Québec. Pour ceux qui ne pourrontréintégrer le secteur forestier, une série de moyens comme les comités dereclassement et les mesures d’aide à la réinsertion au marché du travail et deformation seront mises de l’avant afin de leur permettre de retrouver unemploi dans un secteur offrant de meilleures perspectives d’avenir. En vue desupporter les projets de consolidation et de diversification, des activitésseront mises en place par les entreprises du secteur forestier à travers desmesures visant l’adaptation aux changements des dirigeants et destravailleurs, la qualification de la main-d’oeuvre et la formation. Enfin, uneattention toute particulière sera accordée aux travailleurs d’expériencevictimes d’un licenciement. «Ces travailleurs auront accès à un accompagnementpersonnalisé pour faciliter leur retour en emploi», a souligné Mme Courchesneen s’engageant par ailleurs à poursuivre les négociations avec son homologuefédéral afin de conclure rapidement une entente de financement à fraispartagés visant la mise en place d’un nouveau programme de soutien auxtravailleurs âgés.

La ministre a également annoncé la mise en place d’un comité national quiverra à favoriser une meilleure harmonisation des diverses interventions misesde l’avant par les acteurs concernés. «Ce comité agira comme mécanisme deliaison et de coordination entre les différents comités de reclassementlocaux, les entreprises et les travailleurs dans le but de relocaliserrapidement les travailleurs licenciés dans des entreprises du secteurforestier qui auraient des besoins de main-d’oeuvre. Il permettra également derenforcer la concertation afin de contribuer à solutionner diversesproblématiques pouvant survenir entre employeurs et travailleurs au sujet dela relocalisation des emplois», a déclaré Mme Courchesne.

La suite des choses
Les mesures présentées aujourd’hui s’ajoutent à celles annoncées dans ladernière année afin de soutenir le secteur forestier québécois, pour un totalde 1,38 MM$ sur quatre ans. Les ministres responsables du dossier comptentbien continuer leur travail d’accompagnement, entreprise par entreprise,région par région, tout en invitant le gouvernement fédéral à se joindre à lamarche, afin de maximiser tout le potentiel économique lié à une telleannonce. «Le gouvernement du Québec a répondu à l’appel du milieu, c’estmaintenant au tour des industriels, des travailleurs et des communautés defaire leur bout de chemin pour contribuer à la nécessaire modernisation dusecteur», a conclu M. Bachand.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de la Solidarité sociale
http://www.mss.gouv.qc.ca/

Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation
http://www.mdeie.gouv.qc.ca/

Mnistère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
http://www.mrnf.gouv.qc.ca

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