Platon aurait vendu sa charrue

La dégradation des sols agricoles en raison d’un travail trop intensif, ça ne date pas d’hier! Même avant la naissance de Jésus-Christ, on avait remarqué l’effet néfaste de l’usage répété de la charrue.

Du 19 au 25 avril, c’est la Semaine nationale de la conservation des sols. Elle revêt une importance particulière en 2015, décrétée Année internationale des sols.

Don Lobb, ancien agriculteur en l’Ontario et fervent défenseur des pratiques de conservation des sols, nous a transmis quelques faits historiques qui démontrent qu’il y a déjà longtemps qu’on a remarqué que la façon de travailler la terre peut contribuer à gravement mettre en péril sa productivité.

-En 3000 avant J.-C., la Mésopotamie (aujourd’hui l’Irak), avec près de 20 millions de personnes, était la nation la plus progressiste de l’histoire. Puis elle a périclité, vraisemblablement en raison de la dégradation de terres fertiles, mais fragiles.

-Le même sort a frappé la Rome antique (100 avant J.-C à 500 apr. J.-C.), pour des raisons politiques et militaires, mais aussi par le besoin de déplacer les habitants vers des terres qui n’avaient pas encore perdu de leur productivité.

-Platon, un citoyen et un philosophe grec qui cultivait sa propre terre, a observé que l’amélioration du sol s’est arrêtée et l’érosion du sol a commencé avec l’arrivée de la charrue.

-En 350 av. J.-C., le labour a été interdit sur les coteaux en Grèce.

-En 1500 apr. J.-C., les agriculteurs des basses-terres de l’Europe – la Hollande, la Belgique et les terres avoisinantes en France et en Allemagne – avaient appris comment améliorer la matière organique du sol et en améliorer la productivité grâce à l’utilisation de résidus végétaux et de fumier, la rotation des cultures et de nouveaux types de plantes telles que les légumineuses.

-Vers la fin des années 1800, Charles Darwin a reconnu l’apport des vers de terre dans la structure du sol.

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