Plus, plus, toujours plus

Les agriculteurs de la planète produisent plus. En Amérique latine, la production agricole a bondi de plus de 50% en douze ans (en 2013, le Brésil sera officiellement le plus grand producteur de soya au monde…). En Afrique subsaharienne, en Europe de l’est et en Asie centrale, on produit 40 % fois plus. Même la production des États-Unis a augmenté de 20 % sur cette période de douze ans.

Pourtant, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), estime que le quart des terres cultivables sont fortement dégradées. L’épuisement des ressources naturelles et les besoins en eau sonneront le glas de cette hausse de la production. Conclusion ? La croissance ralentira d’ici à 2021 dans de nombreux pays en développement.

Est-ce que cette hausse de la productivité a servi à réduire la faim dans le monde ? Pas nécessairement. Bien que le bilan de la lutte contre la faim soit meilleur depuis vingt ans, les progrès en cette matière ont ralenti depuis 2008. Une grande part de l’augmentation de la production agricole ne sert pas à nourrir les populations, mais plutôt à répondre à ses besoins en énergie grâce à la production d’agrocarburants. C’est le cas en Amérique du Nord, au Brésil et dans l’Union européenne.  De 2000 à 2012, la production d’éthanol des États-Unis a été multipliée par près de 9, tandis que celle du Brésil bondissait de 140 %.

Au Brésil, c’est la canne à sucre qui sert de carburant à la flotte de véhicules de ce pays (indépendant du pétrole). La moitié de toute la production de canne à sucre est donc transformée en carburant. Aux États-Unis, selon les chiffres de la FAO, 37 % des céréales sont destinées à la production de carburants. En Europe, près de 80% des huiles végétales produites servent à la fabrication de biodiesel.

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