Plusieurs secrets dévoilés au Rendez-vous végétal 2016

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Le 8e Rendez-vous végétal aura été l’occasion d’apprendre que les producteurs américains ne savent pas faire pousser du soya! « Le rendement moyen aux États-Unis est de 3,1 Tm/ha. Chez moi en Illinois le record est de 7,24 Tm/ha. Et le record du monde est de 10,8 Tm/ha. Il y a donc place à une nette amélioration », a lancé Fred Below, expert en production de soya (et de maïs) et professeur en physiologie des plantes à l’Université de l’Illinois.

Toutefois, avant même de songer à accroître ses rendements, il faut compter sur un excellent drainage, un bon contrôle des mauvaises herbes et le PH parfait. « Le soya est très pointilleux sur le PH » a indiqué le conférencier vedette.

Puis Fred Below a sorti un à un ses secrets de son sac:

1. météo (semer tôt)

2. une fertilisation adéquate: Contrairement à la croyance répandue, le soya a besoin d’azote et le facteur limitant n’est pas la potasse, mais le phosphore

3.la génétique/variétés

4. la protection foliaire: Ce sont les feuilles du milieu qui nourrissent les gousses et 60 % des gousses se trouvent au milieu du plant

5. l’utilisation de semences traitées

6. l’espacement entre les rangs.

« Ces six facteurs agissent en synergie et font une équipe gagnante comme au basketball ».

Autre conférencier invité, l’expert en production de blé, Peter Johnson, qui a fait carrière au ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Ce dernier a voulu encourager les producteurs présents à se lancer dans la production de blé d’hiver, une culture de rotation. « L’Ontario et le Québec se trouvent à la même latitude que le Royaume-Uni où l’on récolte 16,5 TM/ha. Pour produire du blé, il faut viser haut! ».

Surnommé WheatPete, cet expert a lui aussi dévoilé sur un ton humoristique plusieurs de ses secrets pour augmenter les rendements– date de semis, profondeur, variétés, application fractionnée d’azote, de fongicides, gestion des talles. Comme pour le soya, il s’agit de former une équipe gagnante qui vise à augmenter le nombre d’épis au m2, le nombre de grains par épis et le poids des grains.

Deux autres conférenciers, Yannick Méthot, SQS Agrocentre, et Pierre Pagé, Synagri SEC, ont dévoilé quant à eux le cycle de l’azote dans la production de maïs. Ils ont expliquét en détail dans quelles conditions et à quel moment se produit les pertes de cet élément essentiel par lessivage ou encore par volatilisation. D’où l’importance d’appliquer les 4 B : 1) bon produit, 2) bonne dose, 3) bon moment, 4) bon endroit… pour obtenir un maximum de rendement.

Autre conférence attendue, celle de Luc Bourgeois de Bayer Crop Science inc., sur la valeur des traitements de semences néonicotinoïdes dans le maïs au Québec. La mise en place d’un protocole a permis de mener des tests en 2014 et en 2015. Ceux-ci ont révélé des augmentations respectives de 258 kg/ha et de 384 kg/ha avec des semences traitées avec insecticides en comparaison avec des champs semés avec des semences non traitées.

Avis aux intéressés : les conférences seront disponibles sur le site www.rv-vegetal.com à partir de jeudi 11 février en après-midi. Plus de 550 personnes ont assisté à l’évènement, selon Sylvain Lavoie, Synagri, et président du comité organisateur. « Le record d’assistance de l’année dernière a été battu ».

 

 

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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