Pour des raisons sanitaires, un navire britannique doit quitter le port de Québec

Québec (Québec), 3 avril 2001 – Le « Dart 10 », un navire battant pavillon britannique, a dû quitter le Port de Québec pour retourner à son port d’attache en Angleterre, mardi matin, sans avoir été autorisé à décharger une partie de sa cargaison en raison des risques de contamination décelés par des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

La cargaison interdite comportait une flotte de véhicules militaires destinés à l’Alberta, souillés de terre provenant de Grande-Bretagne où sévit une terrible crise provoquée par la fièvre aphteuse.

Selon les informations fournies mardi matin par la vice-présidente aux opérations du Port de Québec, Ghislaine Collard, l’équipage a été autorisé à décharger les conteneurs non souillés avant d’être invité à lever l’ancre pour retourner chez lui.

« Si l’Agence refuse à un équipage de décharger une cargaison au Port de Québec, a-t-elle expliqué, on n’a pas le choix, c’est fini. »

Cette décision coûteuse pour l’armateur et l’équipage ne risque pas cependant de réduire le trafic en provenance d’Europe ou de Grande-Bretagne.

L’équipement refoulé était destiné à la base militaire Suffield en Alberta où, deux fois par année, se tiennent des exercices impliquant des soldats et des véhicules de l’armée britannique.

« Initialement, cet équipement militaire, a expliqué Mme Collard, ne devait pas être déchargé à Québec mais bien à Montréal. Ce qui a été déchargé, ici, ce sont des conteneurs qui étaient nommément destinés au Port de Québec et qui ne comportent pas de risques. »

Le « Dart 10 » devait accoster à Montréal vendredi pour y livrer les véhicules militaires qui auraient ensuite été acheminés en Alberta par train.

Le porte-parole de l’Agence canadienne d’inspection des aliments Jean-François Bolduc a expliqué, mardi au cours d’un entretien téléphonique, que le meilleur moyen de s’assurer que des produits contaminés atteignent le sol canadien, consiste à vérifier systématiquement tous les bordereaux de livraison que les transporteurs doivent obligatoirement fournir aux autorités canadiennes et d’intervenir directement lorsque la marchandise pourrait être contaminée.

« On va s’adapter à la situation au fur et à mesure qu’elle évolue, a-t-il dit, parce qu’on doit absolument suivre ça de près. »

M. Bolduc, qui refuse de dire que les mesures de prévention canadiennes sont à 100 pour cent efficaces, a tout de même rappelé que, depuis1952, année de la « dernière éclosion de fièvre aphteuse », le Canada a réussi à éviter qu’elle ne réapparaisse au pays.

« Ca fait plusieurs années que nos mesures sont en place, a-t-il dit, et il semble bien qu’elles fonctionnent. »

A sa sortie de l’Assemblée nationale, le ministre québécois de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation Maxime Arseneau a décliné toute responsabilité dans cette interdiction imposée à l’équipage du « Dart 10 ».

« C’est une responsabilité de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a-t-il dit, qui se contente de nous informer des mesures prises sur notre territoire. »

M. Arseneau a soutenu que l’Agence avait pris la bonne décision. « Je pense que dans ce cas-ci, a-t-il précisé, il fallait prendre toutes les précautions pour éviter que le virus traverse et pour que nous soyons à l’abri de la fièvre aphteuse. »

Les députés de la Chambre des Communes ont tenu, mardi, un débat d’urgence sur les mesures adoptées par le gouvernement pour empêcher la contamination du cheptel canadien.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)

http://www.cfia-acia.agr.ca/

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