Pour un Bœuf Québec, il faut travailler ensemble

Colloque SPEQ

En panel, on retrouve Patrick Pinard, Michel Gagné, Ian Perreault et Marie-Claude Michaud.

Le Colloque de la Société des parcs d’engraissement du Québec de cet automne misait sur un thème principal : relancer la production québécoise de bouvillons. Pour y parvenir, les acteurs rêvent de voir se concrétiser le projet de chaîne de valeur « Bœuf Québec » présenté pour la première fois il y a un an.

« La provenance de la viande est la caractéristique la plus importante pour les Canadiens », explique la présidente de la Fibre alimentaire, Marie-Claude Michaud, qui travaille avec la Société des parcs d’engraissement du Québec pour la mise en place de la chaîne de valeur. Il s’agit plus que d’une mode temporaire puisque ça vient chercher les valeurs des consommateurs.

Le projet Bœuf Québec est né d’une idée qui a germé chez la productrice et membre du conseil d’administration Marie-Claude Mainville et le directeur général de la SPEQ, Jean-Sébastien Gascon. Il a mûri au sein des membres du conseil d’administration qui ont décidé de présenter pour la première fois au colloque 2015.

Panel sur le Bœuf Québec

Cette année, le directeur général de Viandes Lauzon, Michel Gagné, est venu présenter sa vision ainsi que celle de deux de ses acheteurs de bœuf : Patrick Pinard, propriétaire des boucheries Clément Jacques et du Jardin, ainsi que le chef du Golf de Saint-Hyacinthe et chef du restaurant Chez Lionel, Ian Perreault.

Pour qu’un projet comme celui-là voit le jour, il faudra que tous les acteurs travaillent ensemble. D’autant plus que la majorité des consommateurs québécois ne savent même pas qu’il se produit du bœuf au Québec. Nous avons pourtant des forces, comme la traçabilité que nous envient l’industrie bovine ontarienne. « Ce qui nous limite, c’est la fragmentation de la chaîne de valeur au Québec, explique Marie-Claude Michaud. Les maillons ne se connaissent pas! »

Dans une boucherie, le consommateur québécois veut acheter local, sans antibiotiques et sans hormones, à la condition que le prix soit attrayant. « Les gens veulent tout avoir, mais pas payer », dit Patrick Pinard.

Au restaurant, c’est différent. « Les gens se déplacent pour une expérience, explique Ian Perreault. Ça se passe dans l’assiette. Ils veulent savoir d’où ça provient. Si j’écris que le lapin vient de Standstead, je peux vendre l’assiette deux ou trois dollars de plus. »

Autant pour le boucher que pour le restaurateur, un élément demeure essentiel : la constance dans la qualité et dans l’approvisionnement. « Si on stimule Boeuf Québec et qu’on n’est plus capable de le servir, on vient d’enlever tout l’aspect positif », dit Ian Perreault. Autant pour lui que pour Patrick Pinard, il est essentiel d’offrir un produit de même grosseur et de même apparence d’une fois à l’autre. « La viande la plus complexe à mettre en marché, c’est le boeuf, dit Michel Gagné. Il y a tellement de coupes! »

Pour la réussite d’un projet comme Bœuf Québec, « il manque un joueur majeur : l’abattoir », explique Michel Gagné. Comment résoudre toutes les contraintes et faire en sorte que les producteurs restent fidèles à l’appellation Bœuf Québec? Une grande question qui nécessitera encore beaucoup de réflexion de la part des acteurs. « Beaucoup reste à faire », admet Marie-Claude Michaud en entrevue.

Le Colloque de la Société des parcs d’engraissement du Québec a eu lieu à Drummondville le 22 novembre 2016.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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