Prix du lait : l’équité n’est pas atteinte

Longueuil (Québec), 10 décembre 2004 – « Notre demande était raisonnable: sept sous le litre à la ferme nous auraient permis de couvrir l’écart entre nos coûts, de 68 cents le litre, et le prix que nous recevons du marché, environ 61 cents le litre. Nous sommes évidemment déçus de la décision de la Commission canadienne du lait (CCL) qui laissera la ferme laitière québécoise moyenne avec un manque à gagner de quelque 7 000 $ annuellement. C’est notre travail, et celui de nos familles, qui restera rémunéré en bas de sa juste valeur » a déclaré le président de la Fédération des producteurs de lait duQuébec, M. Marcel Groleau.

M. Groleau réagissait ainsi à l’annonce anticipée par la CCL, en find’après-midi le 10 décembre, d’un ajustement du prix du lait à la ferme de5 cents le litre qui sera en vigueur le 1er février 2005. La décision de laCommission était attendue par les producteurs vers le 15 décembre. Quatorzed’entre eux, représentant toutes les régions du Québec, se dirigeaient entracteurs vers Ottawa pour sensibiliser la population et les autorités à lacrise des revenus qui les affecte depuis quelques années.

Le Convoi pour un lait équitable avait pris le départ mercredi devantl’Assemblée nationale, à Québec, et devait arriver dans la Capitale nationalele 15 décembre pour que les commissaires leur annoncent l’ajustement du prix.« Nous souhaitions que la CCL explique aux producteurs de vive voix sadécision. Nous déciderons dans les prochaines heures, avec les 14 productriceset producteurs qui ont eu le courage de prendre la route pour représenterleurs confrères, de la poursuite ou non de leur périple » a indiqué leprésident.

Selon M. Groleau, la transmission par les intermédiaires del’augmentation du prix de la matière première ne devrait pas être automatique.« Le prix des produits laitiers au détail a augmenté beaucoup plus rapidementque le prix aux producteurs au cours des dernières années et lestransformateurs laitiers ainsi que les distributeurs réalisent d’importantsbénéfices. Ils pourraient facilement absorber cette augmentation, tout enmaintenant leur profitabilité » a-t-il déclaré.

Si les intermédiaires transmettaient intégralement la hausse auxconsommateurs dans le prix de détail des produits laitiers, l’augmentation nedevrait pas dépasser 2 à 4 % selon les produits. Le prix d’un verre de lait2 % de 250 ml, acheté au restaurant, augmenterait de 1 cents , celui d’unepizza moyenne d’environ 5 cents.

Rappelons que les producteurs de lait ont de la difficulté à joindre lesdeux bouts depuis plusieurs années, parce que le prix qu’ils reçoivent pourleur lait n’a pas suivi l’augmentation de leurs coûts. La découverte d’un casd’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) en Alberta, en mai 2003, n’a faitqu’aggraver une situation financière déjà difficile. Les producteurs ont perdutoute marge de manoeuvre. Cette situation met en péril l’avenir de nombreusesfermes laitières. Les producteurs de lait revendiquent un revenu décent, poureux et leur famille, afin de pouvoir maintenir la viabilité de leur ferme etvivre dignement de leur profession.

Malgré des semaines de travail de 80 heures, les producteurs et leurfamille ne retirent actuellement qu’un peu plus de 30 000 $ en revenu annuel.C’est deux fois moins que le revenu moyen d’une famille québécoise qui tourneautour de 66 000 $.

La Fédération réunira ses instances dans les prochains jours afin de lesconsulter sur les suites à donner à la décision de la CCL. Lors de leurassemblée générale, en novembre dernier, les délégués des producteurs de laitlui avait donné le mandat de convoquer à cette fin une assemblée généraleextraordinaire si l’augmentation de 7 cents n’était pas obtenue.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du lait (CCL)
http://www.cdc.ca

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

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