Réaction de l’UPA au rapport Ouimet

Longueuil (Québec), 15 mai 2009 – L’Union des producteurs agricoles (UPA) constate que l’influence des intervenants municipaux dans la gestion du territoire agricole se voit nettement renforcée par les recommandations du rapport Ouimet, menaçant directement l’atteinte des objectifs de la loi et la prise de décisions basée sur des considérations agricoles. Pense-t-on vraiment que le monde municipal est le meilleur gardien des terres agricoles et de leur vocation nourricière?

La réaction positive du monde municipal suffit à illustrer combien ce rapport, déposé stratégiquement au moment où se terminent les assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec, est taillé sur mesure pour remettre entre les mains du loup l’avenir de la bergerie. Or, veut-on vraiment faire croire à la population québécoise que l’appétit des municipalités pour nos terres agricoles, avec des pouvoirs accrus, irait en diminuant? Poser la question, c’est y répondre.

L’UPA considère absurde que dans un même rapport, on puisse identifier comme causes principales des pressions sur le territoire agricole l’aménagement municipal irrationnel du territoire et la gestion déficiente de l’urbanisation tout en proposant de céder plus de pouvoir à ceux qui en sont la cause. En ce sens, alors que le ministre de l’Agriculture sillonne les régions en suggérant à nos concitoyens de mettre plus de « Québec dans votre assiette », voici un rapport qui suggère plutôt de mettre plus de « béton dans votre assiette ».

Pour l’UPA, il est clair que l’application des recommandations de ce rapport précariserait davantage le territoire agricole québécois. Rappelons à ce propos que la zone agricole est le garde-manger des Québécois et que sa superficie représente à peine 2 % de l’ensemble du territoire. En guise de comparaison, cette superficie est environ deux fois plus importante en Ontario et quatre fois plus en Alberta. Soulignons aussi que depuis 1994, à l’échelle du Québec, quelque 56 000 hectares ont été exclus de la zone agricole ou destinés à des usages non agricoles. En fait, plus de 4 000 hectares se perdent ainsi à tous les ans, en moyenne. À ce rythme, c’est autant que la superficie de l’île de Montréal qui est retirée de la zone agricole à des fins urbaines à tous les dix ans.

En résumé, le rapport Ouimet fait écho à ceux qui qualifient de trop rigide la Loi sur la protection du territoire et les activités agricoles en oubliant, d’une part, que le taux de décision favorable aux demandes d’exclusion frise déjà les 80 % et, d’autre part, que le développement d’une dynamique mobilisatrice pour nos communautés et d’activités complémentaires à l’agriculture (ex. : agrotourisme) ne nécessite pas une ouverture de la Loi, comme en font foi les nombreuses décisions prises en ce sens ces dernières années.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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