Réaction de l’UPA au rapport Saint-Pierre

Longueuil (Québec), 27 mars 2009 – « Dans son rapport, M. Saint-Pierre fait preuve d’un manque flagrant de rigueur qui frise la désinformation ». C’est en ces termes qu’a réagi le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Christian Lacasse, suite à la présentation du rapport sur les modes d’intervention du gouvernement en matière de sécurité du revenu agricole.

À titre d’exemple, il présente des données sur le soutien en agriculture au Québec qui serait prétendument supérieur à ce qui se passe dans d’autres juridictions. Pour ce faire, il choisi des données fragmentaires, à l’appui d’une conclusion prédéterminée et erronée. Les vraies données, celles qui tiennent compte de l’ensemble du soutien, démontrent qu’au Québec, le soutien par habitant en agriculture est un peu moins que 200 $ alors qu’il dépasse les 300 $ aux États-Unis où les conditions de production sont pourtant généralement meilleures qu’au Québec. Environ 1 % des dépenses budgétaires gouvernementales au Québec sont consacrées à l’agriculture alors que c’est plus de 3 % aux États-Unis.

Le rapport continue en affirmant, à tort, sans analyse véritable ou lien de cause à effet, que l’ASRA masque les signaux du marché et empêche les producteurs d’accroître leur productivité. Notons qu’au cours des sept dernières années, les producteurs ont généré des gains de productivité de l’ordre de 700 millions de $ en améliorant l’efficacité et la performance de leurs entreprises. Cela contribue à maintenir un panier d’épicerie parmi les plus économiques des pays industrialisés.

Pour le président de l’UPA, « Les recommandations du mandataire font abstraction des effets structurants et bénéfiques des programmes agricoles actuels sur le développement de notre agriculture. Il oublie de mentionner que grâce à des politiques et programmes performants, les producteurs du Québec s’en tirent mieux que les producteurs des autres provinces, malgré les récentes crises dans le secteur. En effet, les producteurs ontariens et d’autres provinces canadiennes affichent des revenus agricoles nets négatifs. Par ailleurs, la part des revenus agricoles (39 %) dans le revenu net des familles engagées en agriculture au Québec est de beaucoup supérieure à celle des familles agricoles du reste du Canada (21 %) ou des États-Unis (12 %).

« Des ajustements pour s’assurer que l’ASRA soit adaptée aux réalités agricoles sont non seulement envisageables mais souhaitables. Nous croyons toutefois que l’abolition de l’ASRA tel que proposé par M. Saint-Pierre ne peut mener à autre chose qu’à la précarisation des fermes familiales et la déstructuration d’un secteur économique à l’origine d’un chiffre d’affaires annuel de 7,5 milliards de dollars, d’investissements de 650 millions de dollars par année dans l’économie des régions et de 60 000 emplois directs », a continué Christian Lacasse.

Par ailleurs, dans une perspective de développement et de diversification de l’agriculture, il est essentiel que les productions non couvertes par un programme d’ASRA puissent avoir accès à des programmes complémentaires, adaptés à leurs besoins. Ceci dit, il est également indispensable de maintenir les programmes actuels d’assurance stabilisation. Il est aussi important de mettre en oeuvre des plans de développement sectoriel visant l’amélioration continue de la compétitivité des entreprises agricoles. Or, à tous ces égards, les propositions du mandataire sont incohérentes avec les besoins réels de l’agriculture. C’est en ce sens qu’iront les interventions de l’UPA dans le cadre des travaux du comité d’orientation bipartite UPA / Gouvernement du Québec sur la révision des programmes de sécurité du revenu et le renouvellement de l’entente sur la Financière.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

La Financière agricole du Québec
http://www.financiereagricole.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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