Recettes monétaires agricoles du premier trimestre 2002

Ottawa (Ontario), 28 mai 2002 – Les producteurs de cultures ont continué d’éprouver des difficultés au cours des trois premiers mois de 2002, les recettes étant tombées à leur plus faible niveau en huit ans. Les recettes du bétail ont poursuivi leur croissance, ayant atteint un sommet au premier trimestre.

Les recettes des cultures se sont élevées à 3,3 milliards de dollars, en baisse de 5,4 % par rapport au premier trimestre de 2001. Il s’agit du plus bas niveau enregistré depuis le premier trimestre de 1994. Les recettes sont demeurées 14,5 % inférieures à la moyenne quinquennale précédente (1997-2001). La diminution des livraisons de la plupart des principales céréales et des principaux oléagineux a plus qu’effacé la hausse des prix dans tous les cas.

Les paiements de programme ont aussi reculé au premier trimestre. Cependant, les deux reculs ont été effacés par un bond de 6,6 % des recettes du bétail, qui ont atteint 4,8 milliards de dollars. Cette augmentation est le résultat d’un accroissement des recettes des bovins et, dans une moindre mesure, de celles des porcs. Par conséquent, les recettes monétaires totales au premier trimestre ont connu une légère progression de 0,6 %, pour atteindre 8,9 milliards de dollars, soit 9,3 % de plus que la moyenne des cinq années précédentes.

Ces estimations du revenu comptant sont dans une certaine mesure la conséquence du mauvais temps qui a marqué la saison de croissance de 2001. Cependant, les effets de la production des cultures en 2001 sur les mises en marché continueront également de se faire sentir au cours des six premiers mois de cette année.

En outre, ces données ne révèlent que la moitié de la situation, car les recettes monétaires sont une mesure du revenu brut des entreprises agricoles. Elles ne tiennent pas compte des dépenses engagées par les agriculteurs. Les recettes monétaires peuvent aussi varier considérablement d’une exploitation agricole à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont les élevages et les cultures choisis, les prix et les conditions climatiques.

Le Nouveau-Brunswick a connu la plus forte augmentation en pourcentage des recettes monétaires (+22,8 %), suivi de l’Île-du-Prince-Édouard (+9,2 %), qui le doit essentiellement à la hausse des prix des pommes de terre. Les reculs les plus marqués sont survenus au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta, conséquence surtout de la chute des recettes des cultures.

Recettes monétaires agricoles provinciales























































































  Janvier à mars 2001(r) Janvier à mars 2002(p) Janv.-mars 2001 à Janv.-mars 2002
 
  en millions de dollars var. en %
Canada 8 829 8 878 0,6
       
Terre-Neuve-et-Labrador 19 19
Île-du-Prince-Édouard 87 95 9,2
Nouvelle-Écosse 100 99 -1,0
Nouveau-Brunswick 92 113 22,8
Québec 1 185 1 237 4,4
Ontario 1 901 1 935 1,8
Manitoba 972 927 -4,6
Saskatchewan 1 904 1 876 -1,5
Alberta 2 076 2 054 -1,1
Colombie-Britannique 493 523 6,1



– Néant ou zéro.

r Données révisées.

p Données provisoires.

Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Cultures: les recettes des producteurs de canola ont subi un net recul

Les producteurs de canola, qui ont affiché le recul le plus considérable, ont enregistré des recettes de 321 millions de dollars au premier trimestre, en baisse de 43,4 % par rapport au même trimestre en 2001. Les prix ont crû de près d’un tiers, mais les mises en marché ont reculé de 57,2 %. Le ralentissement des livraisons a été principalement attribuable à la diminution des exportations vers la Chine, qui achète normalement le canola pendant l’été et l’automne, mais qui en a acheté de grandes quantités au début de 2001.

La deuxième baisse en importance a touché le blé (sauf le blé dur), où une diminution des paiements de la Commission canadienne du blé (CCB), ainsi que des livraisons, a annulé la majoration de prix de 17,5 % . Les dates des paiements finals de la CCB – janvier 2001 pour la campagne agricole précédente et décembre 2001 pour la dernière campagne agricole – expliquent le recul des paiements de la CCB au premier trimestre de 2002. Une légère remontée des prix au cours des derniers mois de 2001 a poussé les agriculteurs à vendre la majeure partie de leur récolte à l’automne. Par conséquent, le faible niveau des stocks a donné lieu à une diminution des livraisons au début de 2002. Les recettes se sont chiffrées à 463 millions de dollars, en baisse de 22,4 % comparativement aux recettes enregistrées durant la même période en 2001.

Les recettes de l’orge ont reculé de 40,1 % pour se fixer à 121 millions de dollars, tandis que celles du blé dur ont fléchi de 35,9 % pour se chiffrer à 125 millions de dollars. Comme dans le cas du blé (sauf le blé dur), les dates des paiements finals de la CCB conjuguées à la faiblesse des stocks à la fin de 2001, ont contribué à ces reculs. La faiblesse des stocks a entraîné une diminution des livraisons au début de 2002.

La baisse des recettes pour la plupart des principales céréales et des principaux oléagineux a été partiellement atténuée par un niveau supérieur de réalisation des recettes différées. En prévision de la diminution des rendements financiers au début de 2002, les agriculteurs ont différé une plus grande partie de leurs recettes des cultures en 2001. Par conséquent, les réalisations ont crû de 39,4 % pour atteindre 747 millions de dollars au premier trimestre de 2002, ce qui représente la valeur la plus élevée en trois ans pour cette période.

Après deux années consécutives de repli, les recettes des pommes de terre ont progressé de 38,2 % pour atteindre un sommet de 235 millions de dollars, en raison de prix plus élevés. L’augmentation des prix est attribuable à la forte diminution de la production de pommes de terre en 2001 qui a exercé une forte pression à la hausse sur les prix.

Bétail: les recettes bovines font un bond considérable

Les recettes bovines au premier trimestre de 2002 se sont chiffrées à 1,9 milliard de dollars, en hausse de 10,1 % par rapport à la même période en 2001. Cette augmentation a été attribuable à une croissance de 13,1 % du nombre de bovins vendus au premier trimestre de 2002, tandis que les prix d’ensemble sont demeurés inchangés. Près des trois quarts de la hausse du nombre de bovins vendus a été attribuable à l’exportation, principalement vers les États-Unis, tandis que le reste provenait d’une augmentation du nombre de bovins abattus.

Les recettes porcines enregistrées au premier trimestre se sont fixées à 945 millions de dollars, en hausse de 6,8 % par rapport au premier trimestre de 2001. Cette augmentation a été dans une large mesure attribuable à une augmentation de 8,7 % du nombre de porcs mis sur le marché, les prix d’ensemble étant demeurés stables. Plus de la moitié de l’augmentation s’expliquait par la hausse des recettes des porcs d’abattage, dont l’accroissement du nombre de porcs abattus a compensé le léger repli des prix. Le reste provenait d’une progression du nombre et du prix des porcs exportés vers le marché international.

Les paiements de programme demeurent bien au-dessus de la moyenne quinquennale

Les agriculteurs ont tiré 737 millions de dollars des paiements de programme au cours des trois premiers mois de 2002, soit 7,4 % de moins que les trois premiers mois de 2001, mais quand même bien au-dessus de la moyenne quinquennale précédente de 409 millions de dollars.

Les diminutions des programmes d’aide en cas de catastrophe liée au revenu et l’élimination de certains programmes ponctuels en Ontario et à l’Île-du-Prince-Édouard ont plus que neutralisé l’accroissement des paiements d’assurance-récolte.

Recettes monétaires agricoles





































































































































































































  Janvier à mars 2001(r) Janvier à mars 2002(p) Janv.-mars 2001 à janv.-mars 2002
   
  en millions de dollars var. en %
Canada 8 829 8 878 0,6
       
Tout le blé(1) 792 589 -25,6
  Blé sauf le blé dur(1)
597 463 -22,4
  Blé dur(1)
195 125 -35,9
Orge(1) 202 121 -40,1
Recettes différées -91 -73 -19,8
Réalisation des recettes différées 536 747 39,4
Canola 567 321 -43,4
Soya 142 104 -26,8
Maïs 134 156 16,4
Autres céréales et oléagineux 76 97 27,6
Cultures spéciales 161 146 -9,3
Autres cultures 970 1 093 12,7
Total, cultures 3 489 3 300 -5,4
       
Bovins et veaux 1 884 2 059 9,3
Porcs 885 945 6,8
Produits laitiers 1 012 1 046 3,4
Volaille et oeufs 554 574 3,6
Autre bétail 208 217 4,3
Total, bétail 4 543 4 841 6,6
       
Compte de stabilisation du revenu net 104 105 1,0
Paiements d’assurance-récolte 197 387 96,4
Programmes d’aide en cas de désastre lié au revenu 271 124 -54,2
Programme provincial de stabilisation 80 71 -11,3
Subventions aux produits laitiers 16 7 -56,3
Autres programmes 127 42 -66,9
Total, paiements 796 737 -7,4



– Néant ou zéro.

r Données révisées.

p Données provisoires.

1 Inclut les paiements de la Commission canadienne du blé.

Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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