Rendement en lecture des élèves des écoles rurales et des écoles urbaines

Ottawa (Ontario), 25 novembre 2002 – Les élèves des écoles urbaines du Canada ont enregistré un rendement en lecture significativement supérieur à ceux des écoles rurales, selon une nouvelle étude. Les écarts entre les écoles rurales et urbaines étaient particulièrement importants à Terre-Neuve-et-Labrador, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et en Alberta.

Selon les données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2000, les élèves de toutes les provinces ont affiché un rendement supérieur à la moyenne de 500 obtenue par les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques. La moyenne nationale du Canada était de 534. À l’échelon international, le rendement variait de 546 en Finlande à 422 au Mexique.

Au pays toutefois, les élèves des écoles urbaines ont eu de meilleures résultats en lecture que leurs homologues ruraux. Les étudiants des écoles urbaines ont obtenu une note moyenne de 538 en lecture, comparativement à 523 pour les étudiants des écoles rurales.

Les élèves des écoles urbaines ont affiché un rendement significativement supérieur à celui des élèves des écoles rurales dans quatre provinces, soit à Terre-Neuve-et-Labrador, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et en Alberta. Il n’y avait aucune différence pour la Nouvelle-Écosse et le Manitoba, et les écarts n’étaient pas significatifs pour le reste des provinces.

Les élèves des écoles rurales de l’Alberta ont tout de même obtenu un rendement supérieur à la moyenne nationale et ont mieux réussi que les élèves des écoles urbaines de certaines autres provinces. Pour leur part, les élèves des écoles urbaines de l’Alberta ont eu des résultats nettement supérieurs à la moyenne nationale pour les écoles urbaines.

L’étude a permis d’établir que l’écart ne peut s’expliquer par des différences majeures dans la nature des écoles des collectivités rurales et urbaines. Par exemple, parmi les variables portant sur les écoles ayant fait partie du PISA, on retrouvait les perceptions des directeurs quant à l’effet que peuvent avoir la pénurie d’enseignants ainsi que le caractère inadéquat des ressources pédagogiques et des aménagements scolaires sur l’apprentissage des élèves. Cependant, il y avait des différences importantes parmi les caractéristiques des familles des élèves et dans les collectivités mêmes.

Les parents dont les enfants fréquentaient des écoles rurales avaient tendance à avoir atteint des niveaux de scolarité moins élevés et étaient moins susceptibles d’occuper des emplois de professionnels (par exemple, médecin, avocat et banquier). Par contre, ces différences ne permettent pas d’expliquer l’écart de rendement entre les élèves des écoles rurales et ceux des écoles urbaines. Même en comparant le rendement d’élèves dont les parents ont atteint le même niveau de scolarité et occupent des emplois comparables, l’écart demeure entre l’élève d’une région rurale et celui d’une région urbaine.

L’étude démontre que l’écart rural-urbain quant au rendement en lecture est étroitement lié aux différences entre les collectivités pour ce qui est des niveaux de scolarité et de la nature du travail dans les collectivités urbaines et rurales.

Facteurs liés à l’écart rural-urbain en lecture

Les caractéristiques des collectivités qui étaient le plus fortement liées à l’écart rural-urbain étaient le niveau de scolarité et la nature des emplois de l’ensemble des parents des élèves, la proportion d’adultes ayant fait des études postsecondaires, et la proportion de travailleurs dont l’emploi exigeait des études universitaires.

En Alberta, par exemple, l’écart entre les résultats en lecture des élèves des écoles urbaines et des écoles rurales s’établissait à 21 points. Après avoir pris en compte les antécédents familiaux des élèves des écoles rurales, il restait encore un écart de 17 points. Et après correction en fonction d’un ensemble de variables liées à la collectivité, l’écart se fixait à seulement 5 points.

S’il est peu probable que ces variables liées à la collectivité influent directement sur les résultats des élèves, elles constituent pourtant des indicateurs de l’environnement plus vaste dans lequel les élèves apprennent et cherchent un soutien à leur apprentissage. En outre, l’influence de ces différences entre les collectivités n’est pas reflétée dans les écoles où l’environnement est essentiellement le même pour les élèves de milieu rural et ceux de milieu urbain.















































































Rendement en lecture des élèves des écoles urbaines et des écoles rurales
  Rendement en lecture
Écoles rurales Écoles urbaines Moyenne provinciale
Canada 523 538 534
Terre-Neuve-et-Labrador 501 538 517
Île-du-Prince-Édouard 504 526 517
Nouvelle-Écosse 519 522 521
Nouveau-Brunswick 491 510 501
Québec 527 538 536
Ontario 520 535 533
Manitoba 527 531 529
Saskatchewan 523 533 529
Alberta 536 557 550
Colombie-Britannique 530 539 538


Nota:Les notes sont normalisées d’après une moyenne de 500 obtenue par les pays membres de l’OCDE et un écart-type de 100. Lorsque les écarts ruraux-urbains entre les notes moyennes sont statistiquement significatifs, atteignant un niveau de confiance de 99 %, les notes figurent en caractères gras.

Note aux lecteurs

Les données du présent communiqué proviennent du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), un projet mené en collaboration par les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au Canada, le PISA est administré collectivement par le Conseil des ministres de l’Éducation, Développement des ressources humaines Canada et Statistique Canada.

L’enquête du PISA 2000 comprenait une évaluation directe des compétences des élèves au moyen de tests en lecture, en mathématiques et en sciences, ainsi que de questionnaires servant à recueillir des renseignements généraux auprès des élèves et des directeurs d’école. Au Canada, des renseignements sur les élèves et les parents ont également été recueillis dans le cadre d’une enquête complémentaire, l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET).

Le présent communiqué est fondé sur une étude qui a exploité les données de l’EJET et du PISA pour mesurer la différence entre le rendement en lecture des élèves des écoles rurales et ceux des écoles urbaines dans chaque province. Les écoles urbaines sont celles qui sont situées dans les régions métropolitaines de recensement et les agglomérations de recensement désignées par Statistique Canada. Les écoles situées dans les autres régions entrent dans la catégorie des écoles rurales.

Une région métropolitaine de recensement a un noyau de 100 000 habitants ou plus et comprend toutes les municipalités avoisinantes dont au moins 50 % de la main-d’oeuvre travaille dans le noyau urbain. Une agglomération de recensement a un noyau urbain de 10 000 à 99 999 habitants et englobe toutes les municipalités avoisinantes auxquelles s’applique la même règle de navette quotidienne que pour les RMR.

Dans cette étude, on a utilisé les différences entre les populations d’élèves des écoles rurales et d’élèves des écoles urbaines pour élaborer un modèle donnant des aperçus de l’écart rural-urbain en lecture. Dans l’ensemble, ce modèle couvre les caractéristiques relatives à la famille, à l’école et à la collectivité.

Les caractéristiques des collectivités sont fondées à la fois sur les niveaux de scolarité et les types d’emploi des parents de l’ensemble des élèves de 15 ans de l’école, ainsi que sur les niveaux de scolarité et les caractéristiques professionnelles des adultes de la municipalité de l’école.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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