Rotations et maladies

Il existe un moyen simple et peu coûteux de combattre les maladies qui minent les rendements et la qualité des cultures commerciales : les rotations. Si la fusariose et la sclérotiniose sont vos pires cauchemars, lisez ce qui suit!

Lors d’une journée blé organisée récemment par Élévateur Rive-Sud, la chercheuse Anne Vanasse, de l’Université Laval, a présenté les nombreux avantages des rotations qui incluent non seulement le maïs et le soya, mais aussi une petite céréale avec des engrais verts.

L’inclusion dans la rotation du blé, ou de l’orge, avec des engrais verts, a un impact direct sur les rendements des cultures des années suivantes, ainsi que sur la structure du sol. Cela contribue aussi à briser le cycle des maladies plus efficacement qu’en se limitant au maïs et au soya.

Fusariose
On connait tous la sensibilité du blé et des petites céréales à la fusariose. Le maïs peut aussi en être touché, au point de contenir des toxines provoquant un déclassement. Heureusement, les deux dernières saisons n’ont pas été propices aux infections par le fusarium.

« Il y a des années à fusariose et des années sans fusariose. On n’a pas de contrôle là-dessus », a reconnu Anne Vanasse. On peut par contre choisir des cultivars de blé qui sont moins sensibles et adopter des pratiques qui minimisent l’inoculum dans les résidus au sol.

Déjà, en cultivant du soya après le maïs et avant le blé, on réduit la présence d’inoculum dans les résidus de culture.

Une stratégie novatrice consiste à implanter du trèfle en intercalaire dans le blé. « Dans des essais à La Pocatière, nous avons vu que la culture intercalaire peut faire cran à la dispersion des spores et réduire l’incidence de la fusariose sur les épis de blé », rapporte Anne Vanasse.

Toutefois, si la culture intercalaire ne réussit pas à bien s’implanter en raison du temps sec, l’écran sera peu efficace.

Sclérotiniose
Du côté des crucifères et des oléagineux, comme le soya, les haricots, les pois, le canola et le tournesol, c’est la sclérotiniose (pourriture blanche) qui inquiète.

Un des bons moyens de combattre cette maladie, selon Anne Vanasse, est de laisser les sclérotes sans plante hôte pour les spores qu’elles produiront, en semant une petite céréale après son soya. Les sclérotes (la forme de conservation hivernale du champignon) pourront germer et produire des spores, mais elles n’auront aucune incidence sur le blé.

En cultivant en travail réduit du sol, les sclérotes se retrouveront en surface. Le microclimat d’humidité créé par du blé semé en rangs rapprochés fera germer les sclérotes, mais elles n’auront aucune culture à infecter.

« Si on complète la rotation avec un trèfle en intercalaire dans le blé, ou suivi d’engrais verts (ex. : moutarde ou radis huileux), c’est la “Cadillac” pour le maïs l’année suivante », a déclaré Anne Vanasse en allusion à la meilleure structure du sol et aux unités d’azote apportées par les engrais verts.

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