Résultats du sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes en Chaudière-Appalaches

Sainte-Claire (Québec), 23 août 2005 – À l’occasion d’une conférence de presse tenue à la Ferme Léonard Morin et Fils inc., propriété des frères André, Serge et Luc Morin, la députée de Bellechasse, Mme Dominique Vien, et le représentant des quatre fédérations de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la région, M. Jean-Denis Morin, président de la Fédération de l’UPA de la Beauce, ont dévoilé les résultats régionaux du sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec en présentant les résultats relatifs à la Chaudière-Appalaches.

Mme Vien et M. Morin ont tenu à souligner les efforts réalisés au cours des dernières années par les productrices et les producteurs agricoles de la région en matière de protection de l’environnement. Les résultats sont révélés dans le Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec.

Une première étude, entreprise par l’UPA et le MAPAQ, avait consisté à dresser Le portrait agroenvironnemental des fermes du Québec en 1998 afin d’établir des points de comparaison pour mesurer ensuite le chemin parcouru. L’actualisation des données de 1998 effectuée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) avec la collaboration de l’UPA, et à laquelle a contribué financièrement Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avait pour objet de mesurer les progrès accomplis par les productrices et les producteurs agricoles en matière d’agroenvironnement entre 1998 et 2003.

« Depuis plusieurs années déjà, les productrices et les producteurs agricoles de la Chaudière-Appalaches font des efforts remarquables au chapitre de l’agroenvironnement. Je suis heureuse aujourd’hui de constater les progrès réalisés et je les en félicite. Les résultats régionaux témoignent de cette évolution positive. Ils leur fourniront des précisions sur leur situation actuelle et leur permettront de poursuivre le travail si bien amorcé », a déclaré la députée Dominique Vien.

Prenant la parole au nom des représentants des fédérations régionales de l’UPA de la Chaudière-Appalaches, M. Jean-Denis Morin, de l’UPA de la Beauce, s’est dit fort satisfait des résultats figurant dans cette étude. « Les données présentées aujourd’hui démontrent que le monde agricole est au rendez-vous de l’agroenvironnement, et ce, malgré le contexte économique difficile dans lequel les nombreux investissements à cet égard ont été réalisés. »

« Chaque ferme a ses particularités, tant en ce qui concerne ses types de production que ses priorités agroenvironnementales. Les plans propres à chacune doivent tenir compte d’un ensemble de facteurs, notamment des défis agroenvironnementaux, de la capacité d’adaptation de même que du soutien technique et économique », a-t-il précisé.

Une enquête rigoureuse et scientifique
L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont été confiées aux spécialistes de la firme BPR inc. auxquels s’est joint le Service de consultation statistique de l’Université Laval. Les informations ont été recueillies par sondage auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises agricoles de l’ensemble des régions du Québec. Des informations provenant du fichier des exploitations agricoles enregistrées au MAPAQ ont été ajoutées à celles du sondage afin d’obtenir un portrait plus complet de la situation. De même, ont aussi été intégrées des données provenant des bilans de phosphore obtenus, avec le consentement des entreprises agricoles, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.

Pour obtenir plus ample information au sujet du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec – Rapport final, veuillez consulter le site Internet du MAPAQ.

Faits saillants des progrès réalisés en Chaudière-Appalaches
Les faits saillants des progrès qui ressortent du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec pour la Chaudière-Appalaches sont présentés ci-dessous selon cinq thèmes englobant les principaux paramètres des pratiques agroenvironnementales à la ferme.

Thème 1 – Réduction de la pollution localisée
Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs et plates-formes) a progressé dans l’ensemble de la production animale. Ainsi, le pourcentage du cheptel total dont les déjections sont entreposées dans ce type d’ouvrage est passé de 75 % à 81 % en Chaudière-Appalaches. Cette amélioration est principalement attribuable à la progression constatée dans le secteur laitier. En 1998, 98 % des élevages porcins de la région possédaient déjà des structures étanches.

À l’échelle provinciale, l’amélioration globale est également fortement influencée par les résultats obtenus dans le secteur laitier. Ainsi, le pourcentage du cheptel laitier dont les déjections sont entreposées en structures étanches est passé de 58 % à 85 %. En 2003, 99 % des entreprises porcines de la province possédaient de telles installations d’entreposage.

Thème 2 – Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
Le bilan de phosphore à la surface du sol a diminué, passant de 44 kilos de P2O5 par hectare par année en 1998 à 37 kg/ha/an en 2003. Ce résultat est en partie attribuable à une plus grande utilisation de la phytase (une enzyme qui permet de réduire le rejet de phosphore) dans l’alimentation des porcs et des volailles et à une augmentation de la pratique de l’alimentation multiphase dans les élevages porcins.

Cette amélioration découle de la réalisation de bilans de phosphore et des plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF) des entreprises agricoles de la Chaudière-Appalaches depuis 1998. En effet, selon les données du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), 3 343 bilans de phosphore, soit près de 98 % des bilans attendus, ont été remis au MDDEP. D’autre part, selon les données de la Fiche d’enregistrement des exploitations agricoles 2004 (MAPAQ), 2 978 PAEF ont été réalisés.

Thème 3 – Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Des efforts importants ont été consacrés à la rationalisation de l’usage des pesticides, notamment par la lutte intégrée. Soulignons que seulement 26 % des superficies en culture de la Chaudière-Appalaches reçoivent des pesticides. Des producteurs ont eu recours à des techniques comme l’application en bande, le désherbage mécanique ou les doses réduites d’herbicides sur ces superficies.

La proportion des entreprises utilisant des pesticides qui tiennent un registre des applications de ces produits en Chaudière-Appalaches est passée de 25 % en 1998 à 46 % en 2003. Les efforts déployés dans les réseaux d’avertissement phytosanitaire pour aviser les producteurs des périodes propices à l’application de pesticides font en sorte d’en réduire les quantités épandues.

Thème 4 – Conservation des sols et protection des cours d’eau
L’utilisation de pratiques de conservation des sols est restée stable entre 1998 et 2003. Cependant, les efforts se poursuivent. À cet égard, de plus en plus d’exploitations entreprennent des travaux d’installation de sites d’abreuvement des ruminants hors cours d’eau avec l’aide financière du MAPAQ.

Thème 5 – Réduction des odeurs
En ce qui a trait à la réduction des odeurs, la proportion de l’ensemble des lisiers épandus par rampe dans la région est passée de 8 % à 25 %. De plus, les efforts se poursuivent en ce qui a trait à l’implantation d’écrans boisés, et ceux-ci ont connu une progression intéressante. Ainsi, la proportion du cheptel avec écran boisé aménagé est passée de 4 % en 1998 à 13 % en 2003.

Finalement, pour permettre une valorisation maximale des déjections animales, des efforts sont faits dans le but de synchroniser les apports en éléments fertilisants et les besoins des plantes. C’est pourquoi les applications correspondent davantage à la période de croissance active des plantes. Les épandages pré-semis dans les cultures annuelles sont donc passés de 61 % des engrais de ferme en 1998 à 80 % en 2003; en contrepartie, les épandages post-récolte ont diminué, passant de 37 % en 1998 à 16 % en 2003.

Services-conseils en agroenvironnement
Il est important de souligner qu’un peu plus de 1 700 entreprises agricoles de la Chaudière-Appalaches ont adhéré volontairement à l’un ou l’autre des onze clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) de la région. Une cinquantaine d’agronomes ou de conseillers y aident les productrices et les producteurs à adopter de bonnes pratiques agroenvironnementales.

Par ailleurs, depuis environ un an maintenant, Fertior-Division traitement offre des services-conseils relatifs à la gestion et au traitement des surplus de matières fertilisantes issues des fumiers aux exploitations agricoles dont le bilan de phosphore est excédentaire. Ces services, de nature collective ou individuelle, visent à permettre aux exploitations agricoles de satisfaire aux exigences du Règlement sur les exploitations agricoles.

Ainsi, la volonté du milieu agricole aidant, le bilan agroenvironnemental de la Chaudière-Appalaches évolue positivement depuis 1998.

« Avec un tel bilan, les productrices et les producteurs agricoles peuvent avoir l’assurance que le gouvernement continuera de les appuyer », a conclu Mme Vien.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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