Sécurité alimentaire : une priorité pour les producteurs de lait qui souhaitent un resserrement de la législation

Québec (Québec), 10 février 2004 – Les producteurs de lait sont très actifs dans l’adoption de mesures pour assurer la sécurité de leur produit dans le but de protéger le consommateur et de préserver sa confiance. La Fédération demande maintenant au gouvernement de remplir sa part du mandat envers les consommateurs en resserrant la législation et en s’assurant de son application, notamment dans les domaines de l’inspection et de l’étiquetage. Voilà en substance ce qu’a fait valoir la Fédération devant la Commission del’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (CAPA), dans le cadre de laconsultation publique sur les nouveaux enjeux de la sécurité alimentaire.

« Même si un canal unique de vente, comme c’est le cas pour la mise enmarché du lait, favorise l’application de règles et de normes de qualité trèsélevées, il reste qu’une législation sévère et surtout bien appliquée est deloin la méthode de contrôle la plus efficace pour assurer la salubrité etl’innocuité des produits », de dire M. Marcel Groleau, 1er vice-président de laFédération des producteurs de lait du Québec. La FPLQ, qui a participé audéveloppement de plusieurs outils afin d’appuyer les producteurs dansl’amélioration de la qualité et de la salubrité de leur produit, craint que latendance au désengagement de l’Etat dans le financement et l’application de laréglementation ait des répercussions pernicieuses tant sur leur industrie etque sur les consommateurs.

« Là où le bât blesse trop souvent, c’est dans l’écart entre les exigencesprévues à la réglementation et l’application et la surveillance effectuées surle terrain » constate M. Groleau. Cette défaillance est inacceptable dans ledomaine de l’inspection, par exemple, qui représente l’ultime garde-fou pourprotéger les consommateurs. La diminution de la fréquence des inspections, lanégligence dans l’application de la réglementation sur la composition desproduits laitiers et l’utilisation de succédanés sont autant d’illustrationsde laxisme. Les producteurs de lait réclament un service d’inspection publicfort et rigoureux, doté de ressources humaines et financières adéquates quisaura préserver la confiance des consommateurs à l’égard de leur produit.

Force est de constater que l’étiquetage se bute aux mêmes lacunes : deslois et des règlements appropriés mais dont l’application est déficiente. Pourun consommateur, l’étiquette sur le produit constitue son unique lien avec lefabricant ainsi que sa principale source d’information sur le contenu.Pourtant, dans les faits, une panoplie de produits contrevient à laréglementation en matière d’étiquetage, notamment par l’utilisationd’appellations trompeuses comme « à saveur de cheddar » ou « Soymozz », alors queces produits ne contiennent aucun produit laitier. « Ces formes illégalesd’étiquetage, qui visent à duper le consommateur sur la nature du produitqu’il achète, réussissent malheureusement à se frayer un chemin jusqu’auxtablettes des épiceries » déplore le vice-président de la Fédération. Dans laperspective où la salubrité et la santé humaine ne doivent pas êtrecompromises par la modification ou l’adultération de produits laitiers, lesproducteurs s’opposent à l’adultération des produits laitiers au moyend’huiles comestibles qui remplaceraient la matière grasse du lait, parexemple. Les consommateurs ont droit à une information juste et complète, tantsur la composition du produit que sur sa provenance.

En matière de traçabilité, l’identification permanente des animaux estbien implantée dans le secteur des bovins laitiers. « Il faut maintenantcontinuer le travail amorcé afin d’étendre la traçabilité aux autres maillonsde la filière pour avoir un véritable système de la terre à la table; il en vade la confiance des consommateurs » estime M. Groleau. Les producteurs ont misen lumière les responsabilités du gouvernement dans l’établissement d’unsystème de traçabilité rigoureux et crédible. Ils ont rappelé du même souffleque le gouvernement doit veiller à ce que les coûts de ces systèmes, dont lesrépercussions bénéficieront à l’ensemble de la société, ne viennent pas greverla marge de manoeuvre déjà trop mince des producteurs laitiers.

En terminant, les représentants de la Fédération ont souligné que toutesles mesures étaient prises pour éviter la présence de résidus de médicamentsdans le lait et les produits laitiers. Les producteurs de lait n’utilisent lesantibiotiques qu’à des fins curatives, sous prescriptions vétérinaires. Lescargaisons de lait sont systématiquement testées à leur arrivée à l’usine. Siune trace d’antibiotique est décelée, tout le chargement est détruit au fraisdu producteur fautif. Par ailleurs, contrairement au préjugé, l’utilisation etla vente de la somatotrophine bovine (hormone de croissance) n’ont jamais étéautorisées au Canada et sont strictement interdites depuis 1999. Lesproducteurs de lait ont été parmi les premiers à se prononcer contre sonhomologation dans les années ’90.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

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