C’est évidemment une question d’une importance fondamentale. C’est pourquoi un imposant projet visant à évaluer l’état de santé des sols agricoles au Québec a été amorcé en 2017 par l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Pas moins de 71 séries de sol ont fait l’objet d’une analyse. Bien que ce projet ne soit pas encore complété, on dispose maintenant de la réponse à cette question.
Il appert que la santé des sols dans les basses-terres du Saint-Laurent décline lentement. Ce constat repose sur une comparaison entre l’état actuel des sols et leur état en 1990, soit la dernière fois qu’on a réalisé une étude similaire.
Le responsable du projet, le chercheur Marc-Olivier Gasser, estime toutefois que la situation n’a rien d’alarmante. « La teneur moyenne des sols en matière organique diminue à un rythme de 0,006 % par année, a-t-il indiqué le 21 mars dernier dans le cadre d’un webinaire du CRAAQ portant sur la santé des sols. On a une plus faible teneur en matière organique qu’en 1990, d’où une capacité moindre du sol à minéraliser du carbone et de l’azote. »
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« Ce qui est plus critique, dit-il, c’est qu’on observe une compaction des sols, laquelle entraîne des problèmes d’aération, de diffusion des gaz et une dégradation de la structure. » Le chercheur précise qu’il y a moins de compaction profonde dans les sols sableux et les tills.
Par rapport à 1990, Marc-Olivier Gasser observe une baisse de la macroporosité dans les matériaux argileux et loameux sans qu’on puisse pour autant conclure à une forte tendance à la détérioration de ces sols. Pour ce qui est des sols sableux et des tills, l’étude n’a pas permis de vérifier comment ils ont évolué sur ce plan depuis 1990, car ils n’avaient pas été évalués à ce moment-là.
Le chercheur semble préoccupé aussi par un autre constat de l’étude. « Le niveau d’accumulation de phosphore, de cuivre et de zinc augmente toujours et il dépasse souvent les valeurs critiques dans les sols sableux et les tills et parfois même dans les sols argileux, décrit-il. On peut se questionner là-dessus. »
Une des prochaines étapes du projet de l’IRDA consistera à vérifier l’effet sur la santé des sols de différentes pratiques de conservation, soit le travail réduit, le semis direct, les cultures de couverture, les rotation, etc. On évaluera aussi les liens entre la santé des sols et leur productivité. Enfin, l’équipe de recherche du projet formulera des recommandations sur les meilleures pratiques pour conserver la santé des sols.