Sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes : les résultats de l’Estrie et du Centre-du-Québec

Wotton (Québec), 2 mai 2005 – A l’occasion d’une conférence de pressetenue aujourd’hui à la ferme Gaétan St-Pierre de Wotton en Estrie, le ministrede l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), M. Yvon Vallières, et le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, ont donné le coup d’envoi au dévoilement des résultats régionaux du sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec en présentant les résultats de la région de l’Estrie et du Centre-du-Québec.

M. Vallières et M. Pellerin ont tous deux tenu à souligner les effortsréalisés au cours des dernières années par les productrices et les producteursagricoles de l’Estrie et du Centre-du-Québec en matière de protection del’environnement. Les résultats sont révélés dans une étude intitulée Suivi2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec.

L’étude effectuée par le MAPAQ avec la collaboration de l’UPA, à laquellea contribué financièrement Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avaitpour objet de mesurer les progrès accomplis par les productrices et lesproducteurs agricoles en matière d’agroenvironnement entre 1998 et 2003.Rappelons qu’il y a dix ans, le monde agricole a déployé une vaste stratégieagroenvironnementale. Une première étude, initiative de l’UPA, a consisté àeffectuer Le portrait agroenvironnemental des fermes du Québec en 1998, afinde se doter d’une référence pour mesurer ensuite le chemin parcouru.

« Tout comme ceux des autres régions du Québec, les producteurs agricolesde l’Estrie et du Centre-du-Québec ont fait beaucoup d’efforts au cours desdernières années afin de réaliser d’importants progrès en matière deprotection de l’environnement. Je les félicite et les invite à poursuivre letravail amorcé. Les résultats régionaux leur fourniront des précisions sur lasituation propre à chaque région et constitueront un outil pour établir leurplan d’action », a mentionné le ministre Yvon Vallières.

« En effet, chaque région possède ses particularités, tant pour ce qui estdes types de production qu’au chapitre des priorités environnementales. Lesplans spécifiques à chacune d’entre elles doivent tenir compte d’un ensemblede facteurs alliant les défis agroenvironnementaux, la capacité d’adaptationainsi que le soutien technique et économique. Chose certaine, les résultatsdivulgués aujourd’hui attestent que le monde agricole est au rendez-vous del’agroenvironnement », a précisé M. Laurent Pellerin.

Les progrès touchent notamment la gestion des fertilisants et des engraisminéraux, la diminution des charges de phosphore, la conservation des sols etla protection des cours d’eau. A la lumière des données récemment recueillies,les plans d’action seront révisés pour continuer à relever le défi del’agroenvironnement. Cette démarche s’inscrit dans la mise à jour actuellementen cours de la stratégie agroenvironnementale du monde agricole et desgouvernements.

Une enquête rigoureuse et scientifique
L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont étéconfiées aux spécialistes de la firme BPR inc. auxquels s’est joint le Servicede consultation statistique de l’Université Laval. Les informations ont étérecueillies par sondage auprès d’un échantillon représentatif d’entreprisesagricoles de l’ensemble des régions du Québec, dont l’Estrie et le Centre-du-Québec. Des informations provenant du fichier des exploitations agricolesenregistrées au MAPAQ ainsi que des données contenues dans les bilans dephosphore obtenus par le ministère du Développement durable, del’Environnement et des parcs ont été ajoutées à celles du sondage afind’obtenir un portrait complet de la situation.

« Avec un tel bilan, les productrices et les producteurs agricoles peuventavoir l’assurance que je suis et que je demeurerai un ardent défenseur dusecteur auprès du gouvernement », a conclu le ministre Yvon Vallières. Pourobtenir plus ample information au sujet du Suivi 2003 du Portraitagroenvironnemental des fermes du Québec – Rapport final, veuillez consulterle site Internet du MAPAQ.

Faits saillants des progrès réalisés en Estrie
Les faits saillants des progrès qui ressortent de l’étude Suivi 2003 duPortrait agroenvironnemental des fermes du Québec sont présentés ci-dessousselon cinq thèmes englobant les principaux paramètres des pratiquesagroenvironnementales à la ferme.

Thème 1- Réduction de la pollution localisée
Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs etplates-formes) a progressé dans l’ensemble de la production animale,particulièrement en ce qui concerne les bovins laitiers. Ainsi, le pourcentagedu cheptel en Estrie dont les déjections sont entreposées dans ce typed’ouvrage est passé de 70 % à 81 % durant cette période. Cette proportion estnotamment influencée par les résultats obtenus dans le secteur laitier où l’onconstate une progression de 58 % à 85 % à l’échelle provinciale.

Thème 2- Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
Le bilan de phosphore à la surface du sol est demeuré sensiblement lemême, soit près de 32 kg de P2O5/ha/an.

Thème 3- Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Des efforts importants ont été déployés pour rationaliser l’usage despesticides, notamment par la lutte intégrée. Soulignons que l’Estrie n’a que21 % de ses superficies en cultures qui sont réceptrices de pesticides. Lesproducteurs ont eu recours à des techniques comme l’application en bande, ledésherbage mécanique, les doses réduites d’herbicides sur ces superficies.

La proportion des entreprises qui tiennent un registre des applicationsde pesticides en Estrie est passée de 23 % à 46 % en 2003. Il s’agit d’uneaugmentation significative.

Thème 4- Conservation des sols et protection des cours d’eau
L’adoption de pratiques de conservation des sols est restée stable entre1998 et 2003.

Lancé par le MAPAQ-Estrie en 2001, le projet pilote d’abreuvement desruminants hors cours d’eau a permis de développer et de faire connaître destechniques novatrices, et ce, en collaboration avec l’UPA-Estrie et d’autrespartenaires. La proportion des animaux dont l’accès aux cours d’eau estrestreint est passée de 50 % à 77 %

Thème 5- Réduction des odeurs
En ce qui a trait à la réduction des odeurs, la proportion de l’ensembledes lisiers épandus par rampe est passée de 2 % à 6 %.

De plus, les efforts se poursuivent en ce qui a trait à l’implantationd’écrans boisés.

Finalement, pour permettre la valorisation maximale des déjectionsanimales, des efforts sont faits pour viser la synchronisation des apports enéléments fertilisants et des besoins des plantes. C’est pourquoi lesapplications correspondent davantage à la période de croissance active desplantes.

Faits saillants des progrès réalisés dans le Centre-du-Québec

Thème 1- Réduction de la pollution localisée
Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs etplates-formes) a également progressé au Centre-du-Québec. Ainsi, lepourcentage du cheptel dont les déjections sont entreposées dans ce typed’ouvrage est passé de 67 % à 79 % durant cette période.

Thème 2- Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
Le bilan de phosphore à la surface du sol a diminué de 19 %. Cela estnotamment attribuable à une meilleure gestion alimentaire des animaux et àl’élaboration de plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF) quiassurent une fertilisation plus précise et efficace.

De même, il y a une diminution pour la région de 10 kg N (azote) parhectare, ce qui donne pour la région un bilan à l’équilibre.

Thème 3- Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Pour rationaliser l’usage des pesticides, les producteurs ont eu recoursà des techniques autres que l’application pleine largeur, comme l’applicationen bande, le désherbage mécanique et les doses réduites.

La proportion des entreprises qui tiennent un registre des applicationsde pesticides au Centre-du-Québec est passée de 35 % à 50 % en 2003. De plus,35% des entreprises sont en processus de lutte intégrée.

Thème 4- Conservation des sols et protection des cours d’eau
L’adoption de pratiques de conservation des sols par les producteurs,mesure qui permet de réduire la pollution diffuse, est passée de 26 % à 41 %des superficies consacrées à des cultures annuelles dans le Centre-du-Québec.La proportion des animaux dont l’accès aux cours d’eau est restreint estpassée de 38 % à 45 %.

Thème 5- Réduction des odeurs
En ce qui a trait à la réduction des odeurs, la proportion de l’ensembledes lisiers épandus par rampe a grimpé de 14 % à 24 %.

Finalement, les bonnes pratiques d’épandage tendent à synchroniser lesmoments d’application et les besoins des cultures. Ainsi, les épandages sedéplacent vers le printemps et l’été plutôt que de se faire à l’automne.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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