Soya : semons tôt!

Maintenant que des traitements de semence comme CruiserMaxx sont disponibles pour le soya, la voie est maintenant ouverte vers des semis plus hâtifs. Est-ce que semer plus tôt donne toujours des rendements supérieurs?

Après avoir réalisé des essais en 2009, 2010 et 2011, les chercheurs Dan Docking et Horst Bohner, du ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAARO) concluent que semer des variétés tardives à des dates plus tôt que la normale est généralement une bonne stratégie pour augmenter les rendements.

Les chercheurs ont utilisé une dizaine de sites en Ontario, en plus d’un site à Coteau-du-Lac, pour y semer du soya en trois temps : semis hâtif (avant le 15 mai), semis normal (15 au 30 mai) et semis tardif (après le 30 mai). Ils ont utilisé des variétés de soya adaptées à la zone d’UTM ou plus tardifs.

La météo était très différente sur les trois années. En 2009, le temps a été frais et humide et un gel a frappé tôt à l’automne. Les résultats se sont avérés mitigés. En poussant trop les UTM, des baisses de rendement ont été enregistrées, en raison du gel automnal. Par contre, en moyenne, le soya semé tôt a donné de meilleurs rendements que le soya semé tard. À certains endroits, par contre, la date de semis n’a eu aucune influence sur les rendements.

En 2010, la saison de croissance a été exceptionnelle et on a pu semer aussi tôt qu’en avril, dans de bonnes conditions. Les résultats se sont avérés clairs : il y avait un net avantage à semer tôt. Le soya semé tôt a donné en moyenne 0,2 tm/ha (3 bu/ac) de plus que le soya semé à une date normale, et 0,67 tm/ha (10 bu/ac) de plus que le soya semé a une date tardive.

En 2011, le printemps a été frais et il a été difficile de semer tôt. Il y a ensuite eu du temps sec en juillet. Dans l’ensemble, le soya semé tôt et à date normale a donné à peu près les mêmes résultats. Dans certains cas, des variétés aux UTM adaptées à la région et semées tôt ont donné moins de rendement des variétés semées à une date normale. Cela serait attribuable à la sécheresse alors que les plants de soya déterminaient leur nombre de gousses. Le soya semé tard était au stade végétatif pendant ce stress, alors il n’en a pas souffert.

Dan Docking et Horst Bohner concluent qu’en général, semer tôt est une bonne idée, même si les rendements ne sont pas toujours supérieurs à un semis à la date normale.

Sur les trois années de l’étude, on a constaté une réduction de 0,21 % de rendement pour chaque jour que les semis étaient reportés. Si on exclut l’année 2011, on perdait à chaque jour 0,5 % de rendement. Rien n’a indiqué que de semer en avril nuisait au soya.

Il s’avère que pour les producteurs de l’Ontario, semer tôt en utilisant des variétés plus tardives se traduit par de meilleurs rendements. Pour les dates de semis hâtives et normales, il y a un avantage significatif à utiliser des variétés plus tardives. Pour chaque 100 UTM de plus, on obtenait environ 3 % plus de rendement. Les chances d’obtenir des rendements inférieurs avec cette pratique sont faibles. Dans le cas de l’étude, les semis hâtifs n’ont jamais donné une réduction de plus de 10 % de rendements que les autres dates de semis.

Semer son soya tôt serait un bon élément de régie, d’autant plus que cela ne représente pas de coût additionnel (à part celui du traitement de semence). Dame Nature doit collaborer, mais quand la possibilité de semer tôt se présente, les producteurs devraient en profiter.

L’utilisation de variétés tardives est aussi avantageuse, même si l’on ne sème pas plus tôt qu’aux dates normales. Toutefois, on s’expose au risque d’un gel hâtif. Utiliser une variétés de 200 UTM de plus peut livrer 0,12 tm/ha (2,4 bu/ac) de plus, avec un faible risque supplémentaire.

Source : Université de Guelph – Campus de Ridgetown

 

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