Travailleurs étrangers temporaires : la vie sous « un soleil glacé »

En mai dernier, notre photographe a passé une journée à la Ferme Onésime Pouliot

Guy Pouliot, copropriétaire de la Ferme Onésime Pouliot à l'Ile d'Orléans, a créé sa propre agence de recrutement.

Entre 15 000 et 16 000 travailleurs étrangers temporaires (TET) sont attendus sur les fermes du Québec en 2021. « L'inquiétude de ne pas avoir de travailleurs est moindre cette année par rapport au début de la pandémie l’année dernière », explique Guy Pouliot, copropriétaire de la Ferme Onésime Pouliot située à l’Ile d’Orléans. 

Ce dernier a fondé sa propre agence de recrutement en 2012 pour faire venir quelque 400 travailleurs du Mexique. En mai dernier, notre photographe a passé une journée avec ces fils de « campesinos », habitués au travail de la terre, et sans qui les Québécois ne mangeraient ni fraises ni framboises.

 À leur arrivée sur la ferme en avril, le choc est brutal « Le soleil est congelé » disent-ils, avant que l'astre ne commence à réchauffer leur terre d'accueil. Ils n’hésitent pas à travailler quelque 60 heures par semaine. Le salaire gagné dans nos champs sert de tremplin social pour eux et leurs familles.

Pas d'équilibre financier possible pour l'entreprise sans le travail de quelque 260 travailleurs mexicains.
Les tests de dépistage de COVID-19 et la quarantaine sont réalisés à la ferme. Aucun cas n'a été dépisté en 2020.
Israel Luna est à l'emploi de la ferme depuis 13 ans. « Nous savons travailler la terre parce que nous sommes tous fils de campesinos.
Chacun part avec sa caisse de plants dans un endroit précis du champ.
Chaque travailleur plante entre 3500 et 5000 plants de fraises par jour.
Pour Erick Quiroz Martinez, l'argent gagné au Québec permettra l'achat d'une auto, d'une maison ou d'un lopin de terre au Mexique.
Dextérité et rapidité sont requises au quotidien.
Les boîtes de plants vides sont récoltées à une forte cadence.
Pour Taurino Solis Solis, travailler cinq mois loin de sa famille est le prix à payer pour améliorer ses conditions de vie.
Une pause bien méritée dans un décors idyllique.
Un dernier tour de piste pour évaluer le travail du lendemain.
Francisco Javier Hernandez Olmos interpelle le photographe pour montrer que l'on ne prend pas la désinfection pour prévenir la COVID-19 à la légère.
Distanciation sociale à l'arrivée comme au départ des troupes des champs.
La distanciation sociale relève d'une discipline presque militaire.
À l'heure du souper, Andres Venura Lopez cuisine les tortillas pour ses compagnons.
La nuit annonce un repos bien mérité pour les travailleurs de la Ferme Onésime Pouliot.

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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