Trop de soya IP?

La hausse des primes pour le soya IP cultivé sous contrat avec des semenciers-exportateurs québécois aura eu l’effet escompté : un retour du soya IP (conventionnel) aux dépens du soya OGM. Par contre, il y a risque que le marché du soya IP soit inondé.

Les efforts pour convaincre plus de producteurs de semer du soya OGM ont porté leurs fruits. PHOTO : André Dumont
Les efforts pour convaincre plus de producteurs de semer du soya OGM ont porté leurs fruits. PHOTO : André Dumont

Chez Ceresco, le directeur des ventes de soya IP, l’agronome Hicham Bali, estime que les superficies en soya IP augmenteront de 20 % en 2014 au Québec et dans l’est de l’Ontario. « Nous avons atteint notre objectif de contrats pour cette saison, mais malgré cela nous contractons encore », a indiqué Hicham Bali dans un courriel au Bulletin.com.

Du côté de Prograin, l’autre grand semencier et exportateur de soya IP au Québec, on se dit également très satisfait de la réponse des producteurs aux primes plus élevées. D’après le vice-président Alain Létourneau, le glissement vers le soya OGM a été stoppé. D’après ses estimations, la portion du soya IP dans les superficies en soya au Québec passera de 25 % l’an dernier à 45 % cette année.

« L’offre des producteurs (pour cultiver du soya IP) est encore là, mais nous avons jugé bon de cesser d’offrir des contrats, pour ne pas inonder le marché, a déclaré Alain Létourneau. Les Japonais ne mangeront pas deux fois plus de tofu. » Cependant, ces derniers en profiteront sûrement pour rebâtir leurs stocks, prévoit-il.

Alain Létourneau se dit inquiet de voir des semenciers qui ne sont pas exportateurs continuer à vendre de la semence de soya IP. C’est comme s’ils disaient aux producteurs : « On vous vend de la semence, mais arrangez-vous avec la récolte! », déplore-t-il.

Les producteurs qui sèmeront du soya IP sans contrat pourraient être déçus du prix obtenu à la récolte, craint-il. Il se pourrait même que ce soya ne trouve pas acheteur parmi les exportateurs de soya IP.

En se fiant aux ventes de son entreprise, Alain Létourneau croit qu’il se cultivera environ 10 % plus de soya au Québec, variétés conventionnelles et OGM confondues.

Selon Hicham Bali, chez Ceresco, la popularité du soya serait attribuable aux prix du maïs moins attrayants. Le soya IP serait plus populaire en raison des primes, mais aussi en raison de la hausse des coûts de désherbage dans le soya OGM, qui requiert de plus en plus l’usage d’herbicides résiduels.

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