Un appel à l’action face au rapport de la CAPERN

Les groupes représentant le secteur agricole ont bien accueilli dans l’ensemble les 32 recommandations

Après avoir fait couler beaucoup d’encre, la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) a fait part de ses recommandations qui s’élèvent au nombre de 32.

Les recommandations ont été regroupées sous plusieurs sujets. Les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement font l’objet de 15 recommandations, les pratiques innovantes et compétitivité du secteur agroalimentaire 10 autres, la traçabilité ainsi que l’indépendance de la recherche trois alors qu’une autre concerne le rôle des agronomes.

L’UPA a bien accueilli le rapport en soulignant que plusieurs de ses recommandations s’y trouvaient. Ce dernier reste cependant très discret sur les moyens d’atteindre les réductions souhaitées d’utilisation de pesticides. Le syndicat demande d’injecter annuellement 60M$ par année. Plusieurs mesures importantes sont d’ailleurs absentes, selon le président Marcel Groleau, dont sur « la rétribution des producteurs agricoles pour les biens et services environnementaux qu’ils rendent à la société », comme cela se fait ailleurs dans le monde. L’UPA a rappelé les coûts que peuvent représenter les mesures environnementales, surtout dans un « contexte commercial extrêmement compétitif ». « Les attentes sociétales en matière de gestion des pesticides sont légitimes, mais il faut se donner une vision et un plan d’action avec un échéancier réaliste ».

Un appel a été lancé au MAPAQ et au ministère de l’Environnement pour agir rapidement. « Le gouvernement du Québec doit saisir la balle au bond et répondre aux attentes maintes fois exprimées par les producteurs dans son prochain discours sur le budget et dans le Plan d’agriculture durable qu’il doit présenter cette année », a conclu Marcel Groleau.

Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) a indiqué que plusieurs recommandations visaient à assurer un meilleur soutien des producteurs en agroenvironnement, tel qu’espéré par les PGQ, mais que « plusieurs pistes d’actions devront encore être validées par le gouvernement, le secteur scientifique et le milieu concerné ». Le groupe déplore, par contre, que l’aspect de la compétitivité du secteur agroalimentaire ait été « abordé de manière plutôt timide ». Les PGQ attendent également de voir ce que le gouvernement posera comme gestes.

La Coop fédérée a dit recevoir avec « ouverture » le rapport tout en insistant sur le fait de favoriser l’innovation et l’agriculture de précision pour accélérer le « virage vers une agriculture encore plus durable ». Le gouvernement québécois doit donner naissance à un plan d’agriculture ambitieux, est-il mentionné. Il doit miser sur « l’intégration de nouvelles générations de biotechnologies, la robotisation et le développement d’applications et d’outils d’aide à la prise de décision utilisant l’intelligence artificielle ainsi que les conseils agronomiques à la fine pointe du savoir ». La Coop fédérée met en relief « l’importance de la gestion parasitaire intégrée, qui engage les producteurs à respecter les meilleures pratiques, dont une identification adéquate des ravageurs et à n’utiliser certains pesticides de synthèse qu’en dernier recours ».

La Commission avait adopté le 28 mars 2019 un mandat à plusieurs volets. Elle devait « examiner les impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement ainsi que les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois ». La Commission s’est aussi penchée sur la question de l’indépendance de la recherche dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation et les pratiques de prescription de pesticides par des agronomes liés à l’industrie.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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