Un budget fédéral inégal pour l’agriculture

Ottawa (Ontario), 28 janvier 2009 – La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) a accueilli favorablement l’investissement fait par le gouvernement dans l’agriculture, dans le cadre de ses annonces prébudgétaires et budgétaires, mais a émis un avertissement selon lequel l’absence de détails quant aux politiques qui seront appliquées fait que ce budget comporte des éléments à la fois positifs et négatifs pour le secteur de l’agriculture.

Comme elle l’a indiqué dans son communiqué de presse antérieure, la FCA voyait d’un oeil positif l’annonce prébudgétaire selon laquelle le gouvernement ferait preuve de souplesse dans le cadre du Programme de paiements anticipés (PPA) en autorisant le report crucial, au 30 septembre 2010, de la date limite fixée pour le remboursement des avances accordées aux éleveurs de bétail.

Une autre annonce positive était le renouvellement par le gouvernement de sa promesse faite durant la campagne électorale d’attribuer 50 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour accroître la capacité d’abattage au Canada des bovins, porcs et autres animaux d’élevage. Le programme, qui prévoira des apports fédéraux en contrepartie d’investissements du secteur privé, accroîtra la capacité d’abattage de bétail et aidera à faire en sorte que le Canada dispose d’un secteur de l’élevage compétitif.

La FCA était également heureuse de voir que la Loi sur les prêts destinés aux améliorations agricoles et à la commercialisation selon la formule coopérative sera modifiée pour mettre du crédit à la disposition des nouveaux agriculteurs et des coopératives établies tout en facilitant les transferts intergénérationnels des exploitations agricoles. En outre, la FCA appréciait l’inclusion d’une allocation de 225 millions de dollars pour étendre l’accès à large bande dans les régions rurales au cours des trois prochaines années, en plus des réductions tarifaires prévues au chapitre de l’équipement et de la machinerie. Les membres de la FCA demandent depuis quelque temps déjà que les réseaux d’accès soient étendus dans les zones rurales.

Cependant, la FCA était déçue par les détails entourant l’annonce, dans le budget, de 500 millions de dollars qui serviront à financer un programme de stabilité agricole sur cinq ans. En effet, lors d’une annonce prébudgétaire, le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, avait déclaré que le programme aiderait les agriculteurs à réduire leurs coûts de production, à mettre au point de nouvelles technologies et à promouvoir la durabilité environnementale et a indiqué que le programme était de « nature semblable » à la proposition de la FCA concernant la création d’un programme Agri-flexibilité. Or, les paramètres de financement annoncés par le gouvernement sont très différents de ce que la FCA avait préconisé. Sur les 500 millions de dollars, qui maintenant seront alloués sur cinq ans plutôt que sur quatre ans tel qu’annoncé antérieurement dans la plate-forme électorale du gouvernement, seulement 190 millions de dollars représentent de nouveaux fonds destinés à l’agriculture, et ces fonds seront attribués durant les deux premières années. Le restant des fonds devra provenir d’« économies » réalisées à AAC. De plus, l’exigence particulière que ces fonds soient consacrés strictement à des programmes autres que de gestion du risque de l’entreprise (GRE) demeure une préoccupation. La FCA a toujours maintenu que l’initiative Agri-flexibilité inclurait aussi des programmes de GRE.

« Tandis que la mise sur pied d’un programme de stabilité agricole est une bonne nouvelle, les détails annoncés ne vont pas dans le sens des exigences de la communauté agricole », a explique Laurent Pellerin, premier vice-président de la FCA. « Les besoins régionaux s’étendent dans les deux volets de l’enveloppe de programmation, et cette proposition contenue dans le Budget de 2009 ne cible par une importante partie des besoins, auxquels on pourrait satisfaire en créant des programmes régionaux de GRE. »

La FCA est préoccupée également par l’absence d’estimations précises concernant les dépenses ministérielles, ce qui fait qu’il est très difficile de savoir quels montants seront dépensés et comment les fonds seront répartis. « Il est difficile de savoir ce à quoi l’on peut s’attendre sans disposer de données à propos des dépenses », a expliqué Ron Bonnett, le deuxième vice-président de la FCA. « Nous craignons que lorsque les estimations seront fournies, elles nous montreront que le gouvernement puisera dans les fonds destinés aux programmes du cadre « Cultivons l’avenir » pour compenser l’écart entre les 500 et les 190 millions de dollars. »

Certaines mesures dont la FCA espérait qu’elles seraient incluses dans le budget n’ont pas été mentionnées spécifiquement. Il n’y était pas beaucoup question des biocarburants. Le gouvernement a cependant annoncé la création d’un nouveau Fonds pour l’énergie propre d’un milliard de dollars qui appuiera des projets de recherche, de développement et de démonstration de sources d’énergie propres. Les membres de la FCA sont très intéressés par les mesures visant les taxes d’accise. Or, le budget ne mentionne aucunement la réduction promise de deux cents le litre de la taxe d’accise prélevée sur le diesel. Il n’était pas question non plus dans le budget du Plan d’investissement coopératif proposé par la FCA ni de programmes d’avances en espèces et de Financement agricole Canada (FAC).

Tel qu’annoncé auparavant, la FCA et ses membres avaient espéré que le gouvernement inclurait au budget des mesures en réponse aux enjeux suivants :

  • Engagement de tenir la promesse faite durant l’élection de créer le fonds Agri-flexibilité – l’enveloppe de financement souple fédérale-provinciale proposée
  • Engagement d’immédiatement tenir sa promesse de réduire de deux cents le litre la taxe d’accise prélevée sur le diesel
  • Engagement de soutenir adéquatement les programmes de soutien en voie d’être élaborés dans le contexte du nouveau cadre stratégique « Cultivons l’avenir »
  • Prolongation d’un an du calendrier de remboursement des fonds accordés dans le cadre des programmes de paiements anticipés pour aider les éleveurs à faire face à la crise qui sévit dans le secteur du bétail et à maintenir l’infrastructure existante de conditionnement, de transport et de commercialisation
  • Assurances que des fonds suffisants soient attribués aux outils de crédit existants comme FAC et le programme régulier des avances en espèces pour pouvoir répondre aux besoins

La FCA et ses membres demeurent résolus à collaborer avec le gouvernement au cours des prochains mois pour définir les modalités des annonces faites dans le budget, afin de combler toute lacune et régler toute question non incluse dans le Budget de 2009.

À propos de la Fédération canadienne de l’agriculture
Fondée en 1935 afin de donner une seule voix unifiée aux agriculteurs canadiens à Ottawa, la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) est le plus important organisme agricole au pays. On trouve, parmi ses membres, des organismes agricoles provinciaux, des groupements nationaux et interprovinciaux de producteurs spécialisés et des coopératives de chaque province. Par l’entremise de ses membres, la Fédération représente plus de 225 000 agriculteurs et familles d’agriculteurs au Canada.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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