Un nouvel outil contre les maladies fongiques

L’idée est à la mode et fait de plus en plus son chemin dans le monde agricole, soit mieux cibler les besoins dans le champ pour mieux contrôler ses rendements et ses coûts.

La société Lab’eau-air-sol a décidé de saisir la balle au bond et d’offrir ses services d’analyse des pathologies fongiques. Présente depuis un moment dans le secteur résidentiel et commercial, elle mène déjà des analyses afin de détecter la présence de pathologies, telle que les  moisissures et les bactéries. Elle a cependant eu l’idée d’élargir son offre aux productions végétales

Durant une période de 12 semaines, couvrant habituellement les mois de juin à septembre, des techniciens font un prélèvement au champ trois fois par semaine. De 24 à 48 heures plus tard, les résultats sont connus et sont communiqués par téléphone intelligent ou sur l’espace client du site internet de l’entreprise, indique Camille Laberge, chargé de projet chez Lab’eau-air-sol. Le rapport contient le type de spores retrouvé, dans quelles zones et la densité, ainsi que les conditions météorologiques de croissance. « L’échantillonnage se fait par captation de spores directement au-dessus des champs là où les particules sont en circulation. Une fois cette opération terminée, les échantillons sont acheminés au laboratoire et les microbiologistes procèdent à l’identification et au dénombrement des spores qui ont été captés ».

L’échantillonnage peut se faire directement au sol, sur les plantes, ou encore dans l’air circulant dans les champs. Il couvre une superficie d’environ 50 acres (20 ha). Un patron de prélèvement est établi en début de saison, selon la configuration des champs.

Mme Laberge recommande d’ailleurs de travailler avec l’aide d’une station météo installée dans la ferme afin de mieux déterminer les risques de prolifération et le meilleur moment pour pulvériser au besoin.

Les avantages du service appelé AIR (Agriculture/ Investigation/ Rapport) sont nombreux, selon Camille Laberge. « Les informations vont permettre au producteur de savoir s’il est nécessaire ou non d’appliquer un fongicide mais aussi de choisir le bon produit pour  le bon problème. On évite de pulvériser de manière préventive, ce qui peut créer un problème de résistance. On élimine aussi une partie du stress puisque le producteur a en main plus d’informations pour prendre une décision ou lieu de s’en faire pour savoir s’il devrait ou non appliquer un fongicide. C’est un outil de à la planification ». Entre autres avantages, Lab-eau-air-sol mentionne aussi une réduction du nombre de passages dans les champs, donc moins de compaction du sol et de blessures  aux plants dues aux passages de la main d’œuvre.

Le service est utilisé par une dizaine de producteurs spécialisés dans le secteur maraîcher. Il a entre autres été utilisé dans des champs de pomme de terre, carottes et oignons dans les régions de Lanaudière, Québec et Saguenay. Le Nouveau-Brunswick fait aussi des régions couvertes et il est question d’ajouter l’Ontario cette année.

Une approche déjà étudiée

L’étude des spores dans les cultures est une technique qui fait l’objet de recherches depuis quelque temps. L’entreprise de recherche Phytodata s’y penche depuis 10 ans. À la demande du MAPAQ, elle procèdera de 2016 à 2019 à  l’implantation de plusieurs réseaux de capteurs de spores dans différentes cultures afin de produire des recommandations pour leur utilisation dans un contexte de lutte intégrée. ” Nous nous sommes engagés à développer un cahier de charges qui pourrait servir à l’implantation de ce type de réseau par des professionnels et conseillers impliqués dans l’élaboration de stratégies de lutte intégrées.”, ajoute Hervé Van der Heyden,  spécialiste en phytopathologie et épidémiologie quantitative chez Phytodata.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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