Un plan « eau » de 106 millions d’euros pour la Bretagne

Rennes (France), 4 février 2002 – Les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement, Jean Glavany et Yves Cochet, ont signé à Rennes un « plan d’action pour un développement pérenne de l’agriculture en Bretagne », prévoyant un budget de 106 millions d’euros supplémentaires pour « la reconquête de la qualité de l’eau ».

Le préfet de région, les principaux organismes syndicaux agricoles, dont la confédération paysanne et la FNSEA, et plusieurs organisations écologistes se sont associés à l’adoption de ce plan, pour lequel la région a également débloqué de nouveaux crédits.

« Pour la première fois, les acteurs bretons et l’Etat se dotent ensemble d’un plan d’actions à la fois global, concret et d’envergure », s’est félicité Jean Glavany en saluant un « engagement collectif », alors que les défenseurs de l’environnement et les agriculteurs étaient jusqu’alors dans une « logique de violence et d’antagonisme ».

En y ajoutant des crédits déjà prévus dans le cadre du plan Etat-Région ou du programme régional « Bretagne eau pure », la mise en oeuvre globale de ce plan, qui vise notamment à réduire les excédents d’azote produits par l’élevage intensif en Bretagne, est estimée à 750 millions d’euros sur cinq ans.

Dans une région, où un tiers des captages d’eau dépasse la norme maximale des 50 mg/litre, il prévoit de favoriser le développement de l’agriculture biologique, de mieux maîtriser les effectifs, en soutenant les réductions de cheptel, et de renforcer la réglementation et les contrôles sur les pratiques d’élevage.

« Ce plan ne constitue qu’une étape sur la voie du développement durable et ne sera véritablement efficace que s’il s’appuie sur l’adoption définitive de la loi sur l’eau ainsi que sur une réforme de la politique agricole commune », a estimé Gilles Huet, un des porte-paroles d’Eau et Rivières, qui regroupe plusieurs associations signataires.

Afin de reconquérir la qualité de l’eau, Jean Glavany estime pour sa part qu’il faut « une logique du produire mieux après celle du produire plus », appelant de ses voeux une « révolution qualitative » dans les secteurs de l’agriculture et de l’agro-alimentaire bretons.

Soulignant les divergences, qui existent encore toutefois entre écologistes et agriculteurs, 400 manifestants se sont regroupés samedi dernier à l’appel d’organisations écologistes pour protester contre le projet d’extension d’un élevage de porcs industriel à Merlevenez, dans le Morbihan.

La Bretagne est la première région d’élevage en France et une des toutes premières régions agricoles en Europe. C’est aussi la région française dont la ressource en eau est la plus vulnérable aux pollutions provoquées par l’agriculture intensive.

Source : Reuters

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