Vache folle : un pas vers la détection du prion dans le sang

Paris (France), 28 août 2005 – Des chercheurs américains ont mis au point un test qui pourrait permettre de détecter dans le sang la protéine prion anormale, révélatrice de maladies comme celle de la vache folle ou de sa version humaine, selon une étude publiée dimanche par la revue Nature Medicine.

Le test-prototype mis au point par l’équipe de Claudio Soto (université du Texas, Galveston, Etats-Unis) ne donne aucun résultat faussement positif et sa capacité à diagnostiquer correctement le prion anormal atteint 89%, selon une première évaluation.

Un tel test, capable de détecter la maladie au stade pré-clinique, serait utile pour s’assurer de la sécurité des stocks de sang destinés à la transfusion, ou encore éviter que des animaux contaminés qui ne montrent encore aucun signe de la maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine, ESB) n’entrent dans la chaîne alimentaire.

L’expérience a porté sur du sang de hamster infecté, mais les auteurs ont bon espoir de pouvoir appliquer leur technique au sang humain.

Le procédé d’amplification cyclique de la protéine anormale vise à multiplier les quantités, infimes au départ d’une substance, pour réussir à la détecter.

Schématiquement, le mélange de prion normal à la protéine anormale (PrPSc) permet d’obtenir des paquets (« agrégats ») de protéines plus gros qui sont ensuite cassés à coups d’ultrasons en de nombreux autres paquets. L’opération recommence plusieurs fois (« cycle ») jusqu’à obtenir dix millions de fois le produit de départ (PrPSc), une quantité suffisante pour détecter le prion malade.

Le test prend « environ 48 heures, entre 48 et 98 cycles », selon Joaquin Castilla, l’un des auteurs de l’étude.

Jean-Philippe Deslys, expert français interrogé par l’AFP, juge la technique « intéressante ».

« D’autres techniques sont développées, dont une par +sonde+ prenant quelques heures. Toutes seront discutées au congrès international de neuroprion les 19 et 21 octobre à Düsseldorf (Allemagne) », a-t-il indiqué.

« Au final, le test le plus simple et le plus fiable en pratique, et si possible le moins cher, devrait l’emporter », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, une société française, Macopharma, propose un autre moyen, dont l’efficacité reste cependant à confirmer, selon M. Deslys: il s’agit de piéger le prion dans les poches de sang en enduisant ces dernières d’une substance (« ligand ») jouant un rôle de « tue-mouche ».

Font partie des maladies à prion, toutes mortelles, la maladie de Creutzfeldt-Jakob classique, son nouveau variant (nvMCJ), correspondant à la forme humaine de la de la vache folle, l’ESB et la tremblante du mouton.

Le nvMCJ est attribué à la consommation de produits bovins contaminés (cervelle notamment).

Les deux pays actuellement les plus touchés sont la Grande-Bretagne, épicentre de l’épidémie bovine, avec 157 cas de nvMCJ (7 malades vivants au 29 juillet) et la France 14 (4 vivants).

La Grande-Bretagne a signalé deux cas possibles de transmission de nvMCJ par transfusion.

Source : AFP

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