Vidéo: manipulation des bovins dans un abattoir

En réaction aux différentes vidéos diffusées sur Internet par des groupes d’activistes, l’American Meat Institute (AMI) a produit une vidéo démontrant en détails les manipulations des animaux dans un important abattoir des États-Unis.

Nulle autre que la réputée professeure en science animale Temple Grandin, de l’Université de l’état du Colorado, dirige cette visite commentée. Cette chercheure a d’ailleurs, au cours de sa carrière, mis en place plusieurs des bonnes pratiques de l’industrie en matière de bien-être animal.

Temple Grandin explique sa joie de voir cette vidéo voir le jour. « J’ai travaillé toute ma carrière pour l’amélioration de la manipulation des animaux, dit-elle. Une de mes plus grandes frustrations est de voir sur Internet toutes ces vidéos horribles, mais il n’y a pas tellement de vidéos démontrant ce qui se passe vraiment. »

Dans la vidéo, en anglais, Temple Grandin explique toutes les étapes de l’arrivée des animaux jusqu’à la vente de la viande, en expliquant le pourquoi de chacune des manipulations. Voici ce qu’elle précise :

Arrivée des animaux
– Les bovins sont déchargés le plus calmement possible.
– Le sol est non glissant pour s’assurer que les animaux ne tombent pas.
– L’attente de plusieurs heures permet aux animaux de se calmer.
– Les enclos sont pleins à 75% pour permettre aux animaux de circuler et aux employés d’entrer de façon sécuritaire.
– Les animaux calmes assurent une meilleure qualité de la viande, en plus d’être bon pour le bien-être animal et la sécurité des employés.

Déplacement vers le lieu d’insensibilisation
– Les petits groupes facilitent le transport et assurent des animaux plus calmes.
– Les murs pleins distraient moins les animaux et facilitent leur déplacement.
– Les courbes dans les corridors permettent aux animaux de ne pas anticiper leur déplacement.
– Les abattoirs utilisent la propension des bovins de se déplacer des endroits sombres aux endroits clairs.

Abattage
– Les fusils de désensibilisation sont très puissants et son réutilisés en cas de réanimation.
– Après la désensibilisation, l’animal est accroché par une patte arrière. La patte libre branle. « C’est un réflexe nerveux », explique Temple Grandin. Le cerveau ne contrôle plus les nerfs, ce qui crée ce relâchement. Une récente vidéo d’un groupe d’activistes (Compassion Over Killing) faisait grand cas de ce mouvement de patte.

– Les carcasses sont ensuite mises en entrepôts réfrigérés avant d’être découpées.

Après la visite, Temple Grandin explique la présence du Humane Slaughter Act (Charte pour l’abattage humanitaire) et les audits qu’elle a mis en place dans les années 1990. Elle assure que ce n’est pas la taille de l’abattoir qui compte, mais de s’assurer que le matériel en place n’est pas surutilisé.

Elle termine en disant que les équipements ne règlent que 50% des problèmes. Son rôle est de mettre en place des principes de gestion. « Je mange de la viande et je vais continuer d’en manger », dit-elle.

Lire aussi: Scandale à l’abattoir

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires