Primes à la hausse pour le soya IP

Le semencier et exportateur de soya Ceresco s’apprête à marquer un grand coup dès cette semaine, en proposant pour 2014 des primes jusqu’à 20 % supérieures à celles de 2013 pour le soya IP cultivé à contrat.

Thierry Gripon, vice-président chez Ceresco - PHOTO : André Dumont

Thierry Gripon, vice-président chez Ceresco – PHOTO : André Dumont

Lors de la journée porte ouverte de jeudi dernier, le copropriétaire et responsable des exportations Thierry Gripon a expliqué aux producteurs invités que d’une part, la demande de soya non-OGM est en croissance à l’échelle de la planète, tandis que les superficies en culture en Amérique du Nord subissent d’importants reculs.

« C’est certain qu’à l’avenir, produire du soya non-OGM, ce sera plus payant que dans le passé. C’est une question d’offre et de demande », a indiqué Thierry Gripon, reconnaissant que si les producteurs se tournent vers le soya OGM, ce n’est pas seulement pour la facilité, mais tout simplement parce que les primes pour les soyas non-OGM ne sont pas assez attrayantes.

« Il y a des augmentations de primes à tous les ans, mais cette année, on y va assez fort », a confié Thierry Gripon au Bulletin.com. Une autre source chez Ceresco a fait état d’augmentations des primes « autour de 20 % », avec une campagne pour la signature de contrats qui débutera encore plus tôt que les années passées.

Au Québec, la proportion de soya non-OGM est passée de 51,3 % en 2010 (800 000 tonnes produites) à 27 % en 2012 (400 000 tonnes produites). Pendant ce temps, la production totale de soya a légèrement augmenté. Il se produit donc plus de soya OGM que jamais.

Le Québec aurait maintenant rejoint l’Ontario et le Manitoba, où le soya non-OGM représente aussi seulement autour de 25 % de la production de soya.

D’après Thierry Gripon, la production de soya non-OGM aurait également reculé significativement en 2013, notamment en Ontario, où le blé croit en popularité. « Quand les surfaces de blé augmentent, ce n’est pas au détriment du maïs, mais plutôt au détriment du soya », a-t-il expliqué.

Les données de production de soya non-OGM aux États-Unis ne sont pas connues, mais on sait que le Brésil et l’Argentine y accordent très peu de superficies.

À ce jour, les importateurs ont opposé beaucoup de résistance à des augmentations du prix du soya non-OGM. Ceci serait attribuable aux grandes chaînes de supermarchés, qui refusent des augmentations de prix. Certains transformateurs auraient tout simplement diminué la quantité de soya dans leurs produits.

Cependant, la demande serait stable dans plusieurs pays, comme le Japon, mais en croissance en Chine et ailleurs. Thierry Gripon rapporte que la Chine vient d’autoriser la culture du maïs OGM, de sorte que les producteurs locaux délaissent le soya. Il y aurait donc une demande plus forte pour notre soya IP en provenance de la Chine au cours des prochaines années.

Thierry Gripon prévoit que la récolte 2013 pourrait être insuffisante pour répondre à la demande, ce qui provoquera un choc sur les marchés. « À voir la tendance, c’est ce vers quoi on se dirige. C’est ce qui nous permet de prévoir demander plus aux acheteurs, donc de donner plus aux producteurs. »

PHOTO : André Dumont

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