Viticulture : le gouvernement va autoriser l’utilisation de copeaux de bois pour parfumer le vin

Paris (France), mars 2006 – Prohibée jusque-là, l’utilisation de copeaux de bois placés dans les tonneaux pour parfumer le vin va être « prochainement » autorisée en France, afin de lutter contre la concurrence sur le marché mondial et au risque de heurter les puristes, a annoncé le ministre de l’Agriculture dans un communiqué.

A l’issue d’une réunion mercredi avec les représentants des bassins viticoles, « il a été décidé d’ouvrir l’éventail des pratiques oenologiques autorisées », selon le ministère. Ainsi, « l’utilisation des copeaux de bois » déjà autorisée par l’Union européenne « sera prochainement traduite dans la réglementation nationale ». De même, « les techniques de désalcoolisation devront être généralisées, sans pour autant toucher à la définition du vin » et « les mesures d’enrichissements par les moûts (jus de raison n’ayant pas encore subi la fermentation alcoolique, NDLR) seront encouragées ».

Il s’agit ainsi d’adapter la production viticole pour « faire le vin du consommateur », quitte à aller « à l’encontre du goût français pour séduire les palais étrangers », comme le préconise un rapport de Bernard Pomel commandé par le ministère de l’Agriculture.

Car, la réputation des vignobles français ne suffit plus: confronté à la surproduction et à la concurrence étrangère sur les marchés mondiaux, la viticulture française est en crise.

Sur le plan d’aide de 90 millions d’euros annoncé par le Premier ministre Dominique de Villepin jeudi dernier, 12 millions seront consacrés aux exportations, afin de « reprendre notre première place des vins français à l’exportation que nous sommes malheureusement en train de perdre sur certains marchés », a déclaré mercredi le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau lors des Questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Avec cet argent seront commandés des panels et études de marchés ciblés et détaillés, alors qu’une marque et un logo « France » seront lancés. Un premier bilan de ces actions sera tiré d’ici un an.

Par ailleurs, 38 millions d’euros seront consacrés à des « aides d’urgence » aux viticulteurs.

Dans son rapport, Bernard Pomel suggère aussi de créer « une interprofession unique » dans chacun des dix principaux bassins de production de vin. « En se gardant de l’affirmer, il confierait bien le pilotage de chaque bassin aux négociants, qui s’inscrivent plus que les producteurs dans une logique commerciale », selon « Le Figaro » mercredi.

« Il faut s’adapter à la mondialisation. il faut faire le vin du consommateur et non pas le vin dont le producteur rêve », résume M. Pomel.

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), les Entreprises de grands vins de France (EGVF), et l’Association française des embouteilleurs distributeurs de vins et spiritueux (AFED) se sont « étonnées » dans un communiqué « de n’avoir pas été associées à la réunion organisée » au ministère de l’Agriculture. « Une fois de plus, il semblerait que l’on s’apprête à soutenir des initiatives à l’exportation qui ne pourraient qu’être de nature à fragiliser l’offre française en dispersant encore plus le nombre de ses opérateurs », déplorent-elles.

De leur côté, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs disent « apprécier que le dispositif de janvier 2005 bénéficient de nouveaux budgets pour aider les nouveaux cas de viticulteurs, touchés par la crise, à franchir ce cap difficile ». Dans leur communiqué commun, les deux syndicats ne commentent pas la décision du gouvernement d’autoriser l’utilisation de copeaux de bois pour parfumer le vin.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

Jeunes agriculteurs
http://www.cnja.com

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