Zonage agricole et gestion de l’offre : des coalitions de l’UPA pour le moins ambiguës

Saint-Germain-de-Kamouraska (Québec), 5 avril 2004 – L’Union paysanne tient à mettre en garde les dirigeants de la société civile qui sont présentement sollicités par l’Union des producteurs agricoles pour se joindre à des coalitions dont le but est de défendre une application plus rigide du zonage agricole et le maintien des mécanismes de gestion de l’offre dans la mise en marché des produits agricoles.

L’UPA est passée maître dans l’art de ne pas tout dire pour obtenir des consensus « officiels » mais non moins trompeurs pour autant. Dans le cas présent, l’Union paysanne doute que les dirigeants syndicaux, les députés et la ministre de l’Agriculture elle-même qui ont appuyé l’une ou l’autre de ces coalitions soient vraiment au courant des intentions de l’UPA et de l’utilisation dont ils sont l’objet.

La zone agricole
Si tout le monde est d’accord pour protéger les terres agricoles, particulièrement contre un étalement urbain et routier mal planifié, nul ne devrait ignorer que dans les régions rurales périphériques, le zonage agricole tel qu’appliqué présentement bloque inutilement l’établissement de nouveaux paysans et de nouveaux résidents dans des zones impropres ou peu propices à l’agriculture et qui ne sont pas susceptible de nuire à l’agriculture. Il contribue ainsi lourdement à la dévitalisation des communautés rurales.

Le militantisme de l’UPA, qui contrôle abusivement l’application de la loi avec les droits d’avis et de veto que lui confère la loi, est souvent motivé moins par le désir de protéger les terres que de garantir l’impunité aux agriculteurs dans une sorte de parc industriel fermé.

Si les syndicats veulent en remettre contre le gouvernement Charest, ils feraient mieux d’exiger qu’on redonne aux MRC la capacité de planifier efficacement l’utilisation de la zone agricole en fonction de tous et non d’un seul groupe d’intérêt.

La gestion de l’offre
Dans la mesure où la gestion de l’offre peut assurer des prix équitables à tous les agriculteurs, on ne peut que la souhaiter. Mais dans le contexte de la mondialisation, c’est de moins en moins le cas.

Il est de plus en plus difficile de fixer des prix plus élevés à l’interne que sur les marchés libres. Les prix et prélevés à payer pour les quotas en marché libre sont de plus en plus prohibitifs pour les fermes familiales et la relève. Enfin, les agences centralisées de mise en marché contrôlées par l’UPA éliminent rapidement la transformation et la mise en marché régionale et locale au profit d’une industrie agroalimentaire centralisée et standardisée.

Sans une profonde remise en question de la façon de gérer les plans conjoints -ce à quoi s’oppose l’UPA- ils risquent d’être abolis brutalement par les ententes de libre échange et d’accélérer la disparition des fermes familiales et de la diversité alimentaire de plus en plus exigée par les consommateurs.

L’Union paysanne estime qu’il est imprudent et irresponsable de signer un chèque en blanc à l’UPA en appuyant les coalitions concernées sans en évaluer la portée réelle.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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