Zone euro : quasi-stagnation de l’économie au 3e trimestre

Bruxelles (Belgique), 10 janvier 2002 – L’économie de la zone euro a pratiquement stagné au troisième trimestre 2001, au cours duquel la croissance a été essentiellement soutenue par les dépenses des ménages, dans un contexte de contraction de l’industrie, a confirmé jeudi Eurostat, agence de statistiques de l’Union européenne.

Le produit intérieur brut (PIB) des Douze a connu une croissance d’à peine 0,1% par rapport au trimestre précédent, et de 1,4% par rapport à la même période de l’an 2000.

Ce dernier pourcentage constitue une révision en hausse par rapport à l’estimation de 1,3% précédemment avancée, mais n’en constitue pas moins la plus faible augmentation annuelle depuis le deuxième trimestre 1996, déclare-t-on à Eurostat.

La consommation des ménages a ralenti, mais a continué à soutenir la croissance non seulement dans la zone euro, mais encore dans le reste de l’Union européenne (UE).

Pour l’ensemble des quinze pays de l’Union, le PIB a augmenté de 0,2% d’un trimestre sur l’autre et de 1,4% sur un an.

Bien que l’économie de la zone euro soit restée plus vigoureuse que celle des États-Unis ou du Japon au cours du troisième trimestre, les statistiques publiées jeudi confirment la fragilité de sa croissance et les difficultés rencontrées par son industrie, seul secteur à connaître une contraction.

De plus, les analystes estiment que les chiffres globaux du PIB ont tendance à brosser un tableau exagérément favorable de la conjoncture.

« Si on procède à un examen plus approfondi, la situation est pire qu’elle n’en a l’air, » estime Ken Watrett (BNP Paribas). « Sans la faiblesse des importations, qui reflète la faiblesse de la demande, le PIB aurait été négatif, comme nous estimons qu’il le sera au quatrième trimestre. »

Les exportations de la zone euro ont diminué de 0,7% au cours du trimestre, mais ses importations ont connu une régression plus importante encore de 1,4%.

Les dépenses de consommation privée ont progressé de 0,2% dans la zone euro et de 0,4% dans l’UE, d’un trimestre sur l’autre, après avoir augmenté respectivement de 0,5% et de 0,6% au deuxième trimestre.

L’investissement a en revanche stagné.

Les difficultés de l’Allemagne

Les dernières statistiques nationales publiées augurent mal du dernier trimestre 2001, surtout en ce qui concerne l’Allemagne, dont la production industrielle a baissé de 1,8% en novembre par rapport à octobre. Or, bien qu’il soit la première puissance économique d’Europe, le pays a affiché au troisième trimestre l’une des plus mauvaises performances de la zone, avec une contraction de 0,1% de son PIB, d’après les chiffres publiés par Eurostat.

« Les chiffres montrent que l’économie allemande mettra quelques mois à se stabiliser, et qu’il n’y aura pas de redressement tangible avant le deuxième trimestre, » considère Stefan Bielmeier (Deutsche Bank).

Bien que l’économie allemande se soit contractée au troisième trimestre, celle d’autres pays reste en expansion. La Finlande et la France sont les pays de la zone euro qui ont connu la plus forte croissance, et l’agriculture le secteur qui a le plus progressé.

(1 euro= 1,43$ canadien)

(1$ US= 1,60$ canadien)

Source : Reuters

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