Cinq conseils pour la conservation des grains (suite et fin)

3 – Le bon équipement
Le ventilateur et les sorties d’air sur le toit du silo sont-ils adéquats?

De nombreux silos à petites céréales installés il y a 20 ans ou plus sont équipés de ventilateurs pour des grains qu’on récoltait à 13 % ou 14 % d’humidité, rappelle Jacques Dion. De nos jours, on suggère de récolter le blé entre 16 % et 18 % d’humidité pour éviter le développement de toxines au champ, alors une ventilation plus puissante est requise à l’entreposage, pour assécher les grains.

Attention aussi aux silos qui servent d’entreposage pour plusieurs types de grain autres que ceux pour lesquels ils ont été conçus. Les calculs de ventilation ne sont pas les mêmes pour un gros grain comme le maïs que pour des grains de petite taille comme les céréales, ou encore le canola, prévient Nicolas St-Pierre. « L’air aura bien plus de difficulté à passer à travers une masse de canola qu’une masse de maïs, illustre-t-il. Si le ventilateur n’est pas suffisamment puissant, l’air ne réussira pas à refroidir et assécher l’ensemble de la masse de grain entreposée. »

On devrait aussi vérifier l’état des visses, suggère Pierre Mollet. Si elles sont usées et tranchantes, elles peuvent casser des grains. Et si leur vitesse de rotation fait en sorte qu’elles fonctionnent sans se remplir, cela peut aussi endommager des grains, comme le soya.

4 – Ventilation logique

Les premiers jours après la récolte, la ventilation fonctionne en continu, pour abaisser la température du grain. Par la suite, la ventilation sert à abaisser le taux d’humidité du grain. Avec nos automnes très humides, il est très important de n’activer le ventilateur que pendant les heures de la journée les moins humides.

« La nuit, ou les jours de brume ou de grosse humidité, il faut éviter de faire entrer l’humidité de l’air ambiant dans nos silos », souligne Jacques Dion. S’équiper d’une petite station météo qui nous indique l’humidité de l’air à l’extérieur est une très bonne idée. Investir dans un hygromètre à grain coûte un peu plus cher, mais pour suivre la petite fortune que nous entreposons, cela en vaut la peine. On peut aussi installer des sondes dans chacun des silos.

Chaque type de grain a une hygroscopie différente. Sa capacité à absorber l’humidité de l’air ou de rejeter dans l’air sa propre humidité varie selon la température de l’air, l’humidité de l’air ambiant et l’humidité du grain.

Par exemple, à 15 degrés C et 70 % d’humidité relative dans l’air à l’extérieur du silo, la ventilation fera abaisser le taux d’humidité du grain de blé jusqu’à 13,5 % (voir tableaux en page X). Si notre blé atteint 13,5 % d’humidité et que l’humidité relative de l’air remonte à 80 %, il faut éviter de faire fonctionner le ventilateur.

5 – Ventilation d’entretien
Une fois que le taux d’humidité du grain souhaité est atteint, le travail n’est pas fini! Pendant l’hiver et le printemps, on visitera nos silos au moins une fois par mois. On surveillera la température du grain, l’écart avec la température extérieure et surtout, la présence d’odeurs lorsqu’on démarre la ventilation. Au besoin, on fera une ventilation de correction.

Nicolas St-Pierre suggère de faire une ventilation de maintient aux deux semaines, ou une fois par mois. « En envoyant un peu d’air, cela uniformise la masse de grain et corrige les zones qui auraient commencé à chauffer. »

Au printemps, la tôle exposée aux rayons du soleil peut se réchauffer rapidement et provoquer de la condensation sur le grain encore froid à l’intérieur. Un coup de ventilation permettra d’éviter le pire. « Il faut visiter nos silos régulièrement, soutient Pierre Mollet. C’est le labeur d’une année qui y est entreposé et il peut se détériorer rapidement! »

Lisez l’article au complet, avec tableau et photos, dans Le Bulletin des agriculteurs de juillet-août 2013.

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