Des toxines dans le maïs (suite et fin)

Diminuer les risques
Comme dans le blé, l’infection par le fusarium se produit pendant la pollinisation. S’il y a de l’inoculum dans les résidus au sol et que le temps est modérément chaud et plutôt humide, les conditions idéales à l’infection sont réunies. Le producteur y peut-il quelque chose?

La météo est le facteur le plus important, non seulement pendant la pollinisation, mais aussi à l’automne, le temps humide étant propice à la multiplication des toxines. Selon Albert Tenuta, pathologiste des grandes cultures au MAAARO, les producteurs peuvent néanmoins agir sur un certain nombre d’éléments de régie pour diminuer les risques d’infection et atténuer l’impact sur la qualité du maïs.

Semer tôt peut augmenter les chances que la pollinisation se passe dans des conditions peu propices à l’infection. Par contre, en Ontario en 2011, on n’a pu établir aucune corrélation entre la date de semis et la présence de toxines.

Les producteurs peuvent choisir des hybrides qui résistent mieux aux infections. Cela est particulièrement important pour ceux qui nourrissent leurs porcs avec leur propre grain. « L’an dernier, nous avons constaté qu’il y a des hybrides qui résistent beaucoup mieux que d’autres », rapporte Albert Tenuta.

La quantité de résidus au sol, qui est particulièrement élevée lors d’une deuxième année de maïs, est un autre facteur qui augmente les risques. Un retour de blé peut aussi faire en sorte que l’inoculum soit plus présent dans les résidus au sol. « Si on utilise de hautes populations, qu’on fertilise bien et qu’il y a beaucoup de résidus, cela peut offrir de bonnes conditions pour la production de spores », explique Albert Tenuta.

En cours de saison, on recommande au producteur de dépister la moisissure de l’épi. Les plants touchés devraient être récoltés en premier, afin d’empêcher que les toxines ne se multiplient au cours de l’automne. En séchant immédiatement le maïs, le niveau de toxines stabilise.

Le dépistage est essentiel, mais ce qui est observé reflète rarement le degré de contamination. « On peut voir de la moisissure, sans que ce soit attribuable au fusarium, explique Gilles Tremblay. Si c’en est, il se peut que cela ne se traduise par aucune toxine. Il est aussi possible qu’un épi ait l’air tout à fait sain et qu’après la récolte, on constate des niveaux de toxine importants. »

Lisez l’article au complet, ainsi que les conseils du spécialiste de l’entreposage des grains Helmut Spieser, dans votre Bulletin des agriculteurs d’avril 2012.

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