Êtes-vous dépendant, indépendant ou interdépendant ?

Les bons entrepreneurs ont compris qu’ils ont besoin des autres pour réussir. Ils tiennent comptent des gens autour d’eux et les traitent avec respect et considération.
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de janvier 2011

par Pierrette Desrosiers, M.Ps, psychologue du travail

Quel est le stade le plus mature : dépendant, indépendant ou interdépendant ? Je me souviens du jour où un professeur nous a posé cette question. Bien entendu, comme jeunes adultes, nous pensions que maturité rimait avec indépendance. Et bien, nous étions royalement dans l’erreur.

Le stade de la dépendance : En fait, tout être humain naît dans la plus grande des dépendances. Sans soins, sans aliments, l’enfant mourra dans les heures, sinon
dans les jours qui suivent. Sur le plan psychologique, certains adultes demeurent à ce stade toute leur vie. Ils s’accrochent à leur entourage pour combler tous leurs besoins. Ils sont en attente constante, ils demandent, certains exigent, et ne donnent presque rien en retour. Ils attendent que l’autre (le conjoint, le gouvernement et même les enfants) les « nourrisse ». Ils sont dépendants pour l’argent, l’amour, l’attention ou l’approbation. Ils ne sont responsables de rien. Ils sont réactifs. Certains entrepreneurs sont à ce stade d’impuissance. Ils sont associés et se fient sur l’autre partenaire (conjoint, associé ou parent). Ils se victimisent. Ils ne prennent pas la responsabilité de leur vie.

Le stade de l’indépendance : Enfin, l’adolescence, le monde s’ouvre. À ce stade, l’adolescent n’a plus besoin de ses parents (enfin, c’est ce qu’il dit). Il veut être indépendant. Il peut rejeter toute forme d’aide en disant : je peux m’arranger tout seul. Je sais tout et vous ne savez rien. Je peux aussi vous manquer de respect, être centré sur mon nombril, oublier votre existence et vos besoins. Il n’y a que les miens qui comptent. Il y a des adultes devenus entrepreneurs qui stagnent à ce niveau. Ils pensent qu’ils n’ont besoin de personne. Ils ne veulent s’attacher ou s’investir dans aucune relation (même s’ils sont mariés). Ils ont peur de dépendre de quelqu’un. Ils traitent les autres (conjoints, enfants, associés, employés et fournisseurs) de façon cavalière, sans grande considération, en se disant : si ce n’est pas toi, ce sera un autre. Je n’ai pas besoin de toi. Cette apparence de confiance cache souvent une grande peur, une grande vulnérabilité. À ce stade, l’entrepreneur aura un succès très limité. Il se prive de la collaboration des autres et de leurs forces.

Le stade de l’interdépendance : À ce stade, on réalise que pour réussir notre vie, pour être heureux, on a besoin des autres. On a besoin de s’investir dans une relation intime, on a besoin d’amis. Si nous sommes entrepreneurs, nous savons que nous avons besoin d’employés, de fournisseurs et d’experts pour nous conseiller. Nous savons que nous ne pouvons vivre, ni même survivre, sans les autres. Bien que nous n’ayons pas besoin d’une personne en particulier, nous sommes interdépendants de beaucoup de gens. Nous
devons les considérer si nous désirons vivre, réussir et être heureux. « Toi et moi, nous pouvons accomplir beaucoup plus que si je suis seul ». Cela représente le stade le plus mature où nous possédons le plus de pouvoir sur notre vie et pouvons avoir le plus d’influence sur les autres. Les bons entrepreneurs l’ont compris. Ils tiennent compte des  gens autour d’eux. Ils les traitent le plus possible avec respect et considération. C’est le stade de l’accomplissement où il y a un réel travail d’équipe, autant dans l’entreprise que dans la vie personnelle. « Ensemble, nous pouvons faire plus et mieux ».

Alors à quel stade de votre vie êtes-vous rendus ?

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