Faire pousser du raisin de table au Québec

Les Québécois mangent plus de raisins que de fraises, de framboises ou de bleuets, pourtant, contrairement à ces petits fruits, le raisin de table consommé vient à 98% de l’étranger

Depuis une dizaine d’années, des producteurs se lancent le défi de cultiver le raisin de table en sol québécois. À l’ère où l’achat local est plus en demande que jamais, le timing est propice pour faire découvrir aux Québécois que le raisin de table ça pousse aussi ici, chez nous.

Désireux de faire connaître le fruit de leur labeur, les producteurs des quatre coins de la province ont lancé officiellement la saison dans une formule virtuelle en direct sur la page Facebook Raisin de table du Québec. Le slogan Nordique-aromatique-magique rappelle les défis climatiques, les saveurs à découvrir ainsi que le plaisir à l’état brut qu’offre ce fruit riche en antioxydant.

Rouge, vert, bleu, avec ou sans pépin, ce ne sont pas les variétés de raisins de table qui manquent. Mais d’où proviennent les raisins que vous consommez? Sur une base annuelle, les Québécois en consomment quatre kilos, ce qui en fait le quatrième fruit le plus consommé au Québec. On mange plus de raisins que de fraises, de framboises ou de bleuets, pourtant, contrairement à ces petits fruits, le raisin de table consommé vient à 98% de l’étranger, principalement du Chili et de la Californie, et 1 % à 2% de l’Ontario. Pourtant, il pousse bel et bien du raisin de table dans la Belle Province.

Somerset sur vigne

Sumerset, Einset, Canadice, Trollhaugen, Radisson, Blue Bell, Brianna et Himrod sont des cépages cultivés en sol québécois par une trentaine de producteurs de Gatineau à Rimouski, en passant par Stanbridge East et Roberval. Selon Étienne Gosselin, agronome, viticulteur et copropriétaire de la Ferme 45e Parallèle, « ces cépages rustiques sont développés pour le goût, alors que  les raisins retrouvés dans les supermarchés sont davantage développés pour leur aptitude à la conservation. Nos raisins sont plus fragiles, mais plus goûteux.»

Friands de leurs produits, les viticulteurs sont motivés à se tailler une place auprès des Québécois. De manière à remplacer les raisins de table importés, ce n’est pas sorcier, il faut faire découvrir ceux du Québec. Afin de soutenir ce secteur en émergence, l’une des prochaines étapes sera de fonder une association. D’ici là, les consommateurs sont invités à se rendre sur une ferme pour faire l’autocueillette où les producteurs seront ravis de faire découvrir, ou redécouvrir, ce fruit gorgé de saveur. Pour planifier une visite, consultez la carte suivante.

 

à propos de l'auteur

Rédactrice

Anne-Marie Gignac

Anne-Marie Gignac est rédactrice depuis de nombreuses années. Elle travaille au Bulletin des agriculteurs à titre de coordonnatrice de projets et de réviseure.

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