La Reine et l’accaparement des terres

Alors qu’au Québec, on craint l’accaparement des terres par des investisseurs non-agriculteurs, en Angleterre, les transactions de terres sont encore soumises au pouvoir de la grande aristocratie.

En octobre dernier, le duché de Lancaster a mis la main sur une ferme de 227 hectares de terres de haute qualité dans le Lincolnshire. Le duché possédait déjà 567 hectares dans cette région de l’est de l’Angleterre, payés en moyenne 7 500 $ l’hectare, largement au-dessus des prix courants, qui seraient d’environ 5000 $ l’hectare.

Le duché de Lancaster a été fondé au 13e siècle pour assurer des revenus à la famille royale d’Angleterre. Henry IV avait alors séparé ces propriétés terriennes du domaine royal, pour s’assurer que ses descendants aient des revenus s’ils devaient perdre le trône.

Aujourd’hui, le duché de Lancaster est géré en quelque sorte comme une société de la Couronne, un député en assurant la chancellerie, un peu comme un ministre. Les profits sont la principale source de revenus de la reine Elizabeth II. Celle-ci doit cependant payer des impôts sur ces revenus et elle n’a pas droit aux gains en capital.

Le Duché de Lancaster possède des développements urbains importants, des édifices historiques et des terres dans plusieurs régions d’Angleterre. Ses 18 700 hectares sont exploités par des agriculteurs locataires.

Le dernier achat fait partie d’un programme de 35 millions $ pour l’achat de terres de haute qualité. Il s’agit de Quadring Fen Farms, exploitée en location par Lincolnshire Field Products Limited. Le duché a fait savoir qu’il dispose d’autres fonds pour l’achat de bonnes terres en Angleterre et dans le pays de Gales.

Dire qu’au Québec, cela fait 250 ans que les producteurs ne sont plus des censitaires payant un loyer à leur seigneur! Avec l’accaparement des terres par les investisseurs financiers, connaîtrons-nous un retour en arrière?

Sources :
Agrimoney
Wikipedia

 

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