Le sorgho-soudan, décompacteur par excellence (suite et fin)

Bienfaits agronomiques vs économiques

Chez le producteur Michel Crête, à Sainte-Agnès-de-Dundee, une saison de blé suivie d’un engrais vert de radis fourrager ne s’est pas avérée suffisante pour améliorer le drainage de surface et la structure du sol. Cette année, il mène des essais avec du sorgo-soudan, en semis direct et en labour.
PHOTO : François Cardin

Si du point de vue agronomique, les bienfaits du sorgho-soudan sont faciles à faire valoir, du point de vue économique, les preuves restent à faire. Peut-il être rentable de ne tirer aucune récolte d’un champ pour une saison, le temps de le réhabiliter avec des engrais verts? « Avec du maïs à 300 $ la tonne, ce n’est pas évident. Mais si le rendement s’avère 25 % supérieur à chaque année par la suite, c’est peut-être intéressant », calcule l’agronome Sylvie Thibaudeau, du Club agroenvironnemental du bassin la Guerre.

Dans l’état de New York, le sorgho-soudan a été utilisé pour réhabiliter un champ d’oignons dont les rendements avaient chuté au tiers de la moyenne régionale. Après seulement un an de sorgo-soudan semé à haute densité, le sol était redevenu aussi productif que s’il venait tout juste d’être défriché.

L’apport en matière organique est substantiel : plus de cinq tonnes à l’hectare dans une régie avec une seule coupe en cours de saison et une autre à la fin.

À noter que le sorgho-soudan est bien adapté au climat du Québec. Il lui faut cependant deux mois sans gel pour bien s’établir. Ce pourrait être suffisant pour l’implanter au lendemain d’une récolte de blé d’automne.

À la suite d’une fauche, le sorgho-soudan talle et sa masse racinaire se multiplie par cinq, en plus de gagner en profondeur.
PHOTO : François Cardin

 

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