Les taux d’intérêt, le plus grand risque pour les producteurs

Selon Financement agricole Canada, la dette agricole se porte mieux mais la gestion du risque est un incontournable

Les taux d’intérêt, le plus grand risque pour les producteurs

La dette agricole au pays a continué de croitre dans la dernière année mais à son rythme le plus bas en six ans, rapporte Statistique Canada. Malgré tout, l'économiste en chef de Financement agricole Canada (FAC) affirme que la possibilité d'une hausse des taux d'intérêt est le « nuage le plus sombre » dans ce tableau par ailleurs optimiste.

Les données de Statistique Canada ont montré que de la dette agricole canadienne a augmenté de 5,9 % pour atteindre 121,9 G$. La hausse provient des investissements faits par les producteurs dans des terres, des bâtiments et de l'équipement. Cependant, il s'agit de la plus faible augmentation depuis 2014 et elle est inférieure à la moyenne sur dix ans de 6,5 %. Les recettes monétaires agricoles ont grimpé pour leur part de 8,3%.

« Il s'agit de signes positifs qui indiquent que la situation financière globale de l'agriculture canadienne s'est améliorée en 2020 », a déclaré Jean-Phlippe Gervais, économiste en chef de FAC. « Nous prévoyons maintenant des revenus agricoles record en 2021, dépassant la croissance attendue de la dette agricole qui serait d'environ 6 %. »

M.Gervais a déclaré qu'il est important de prendre conscience que la croissance des revenus n'a pas été uniforme dans tous les secteurs et toutes les régions au pays. Par exemple, les revenus totaux de l'élevage ont diminué de près d'un pour cent en 2020, en grande partie en raison des perturbations liées à la COVID-19 induites par les fermetures temporaires d'usines de transformation et la fermeture du secteur de la restauration.

L'économiste a également noté qu'une hausse brutale et soudaine des taux d'intérêt pourrait avoir un impact significatif sur la capacité des exploitations agricoles à payer les intérêts de la dette. Les facteurs déterminants du revenu agricole net, tels que le commerce, les conditions météorologiques et les coûts élevés des intrants agricoles, pourraient également avoir une incidence sur les prévisions de revenus et de dette agricoles.

« Avec le niveau d'endettement de l'économie agricole, les producteurs doivent être conscients de la possibilité de taux d'intérêt plus élevés et en tenir compte dans leurs plans de gestion des risques », a déclaré M.Gervais. « Des taux d'intérêt plus élevés affectent votre fonds de roulement et votre capacité à honorer vos dettes. Bien que les faibles taux à court terme en cours soient attrayants, il peut être intéressant de transférer dans des taux à long terme alors qu'ils sont à des niveaux bas, comme c'est le cas actuellement. »

Source: Manitoba Co-opperator (traduit de l'anglais)

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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