La demande pour les terres freinée par leur coût

La demande de terres agricoles canadiennes demeure élevée, mais la tendance est ralentie dans la plupart des provinces, indique Financement agricole Canada. La rentabilité plus faible des exploitations agricoles a en effet contribué au ralentissement de l’appréciation des prix dans toutes les provinces à l’exception de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Les terres agricoles devraient demeurer relativement chères comparativement aux revenus agricoles bruts. Des prix plus élevés pour les céréales, les oléagineux et les légumineuses, de même qu’une demande élevée des exportations, pourraient alléger une partie de cette pression.

Dans l’ensemble du pays, la valeur des terres agricoles a progressé en moyenne de 3,7 % dans la première moitié de 2020. Cette augmentation est similaire aux hausses des cinq dernières années, et devrait se traduire par des augmentations de moins de 10 % pour l’ensemble de l’année.

Au Québec, les valeurs se stabilisent aussi, mais avec quelques exceptions (par exemple en Estrie), où la demande est forte et l’offre de terres est limitée. De janvier 2020 à juin 2020, le Québec a enregistré une hausse moyenne de 2,6 %, comparativement à une hausse de 6,3 % entre juillet 2019 et juillet 2020.

La demande élevée pour les terres agricoles est liée au fait que les bilans demeurent satisfaisants dans l’ensemble, selon FAC. Les rendements sont historiquement élevés pour les terres agricoles tandis que les taux d’intérêt sont faibles. S’ajoutent à ces facteurs l’augmentation de 6,3 % des revenus découlant de céréales, d’oléagineux et de légumineuses durant le premier semestre de 2020 malgré plusieurs défis comme les restrictions commerciales, les mauvaises conditions météorologiques, la grève du transport ferroviaire et la pandémie de COVID-19.

La croissance des revenus découlant des céréales n’est pas toutefois une tendance uniforme dans les provinces. Les provinces qui ont connu de fortes augmentations dans les dernières années devraient voir les prix se stabiliser.

Pour le reste de l’année, FAC anticipe trois facteurs qui soutiendront une tendance vers la hausse.

Les taux d’intérêt bas

  • La Banque du Canada n’augmentera pas son taux directeur tant que le taux de chômage ne se sera pas rapproché des niveaux antérieurs à la COVID-19, et que le taux d’inflation ne reviendra pas durablement à sa cible de 2 %. Par conséquent, les hausses de taux et l’assouplissement quantitatif ne sont pas envisagés dans un avenir prévisible.

Recette des cultures

  • FAC anticipe de meilleures recettes pour les cultures pour 2020. Des pluies opportunes dans l’Est du Canada et des conditions de croissance généralement bonnes à l’Ouest devraient appuyer des volumes de production plus élevés, alors que les mauvaises conditions météorologiques aux États-Unis, combinées à une forte demande mondiale, seront favorables pour les prix.

Une demande pour les terres

  • Les producteurs continuent d’agrandir leur exploitation agricole, cherchant à réaliser de plus grandes économies d’échelle en augmentant leur superficie de terres en culture. Dans les marchés qui ont enregistré une forte croissance au cours des dernières années, nous prévoyons que les valeurs de terres demeureront stables.

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