Maïs : jaunissement des feuilles du haut (suite et fin)

Juin a été un mois très pluvieux. Les précipitations abondantes ont occasionné des pertes d’azote appréciables, pertes que, si non compensées par des applications adaptées de postlevée, auront eu pour conséquence de créer un stress (déficience) qui d’ailleurs a été observé dans de nombreux champs au cours des dernières semaines, même des derniers mois.

Le stade d’application, la source de produit azoté, de même que les taux appliqués ont une influence majeure et marquée sur l’état de santé de fin de saison de plants. Les plants ayant pu être affectés, soit par des carences minérales, problèmes de sols compactés ou ayant un problème de drainage, ont malgré tout poursuivi leur développement « quasi normal » jusqu’aux stades reproductifs (pollinisation) sans nécessairement démontrer trop de problèmes.

Puis, la période de remplissage des grains s’est amorcée. Cette période est critique et déterminante puisque la demande en eau et en nutriment pour la formation de l’épi est énorme. Physiologiquement, l’usine qu’est un plant de maïs fera tout en son possible pour remplir les grains de l’épi. Les racines auront un rôle fondamental à jouer à cet égard. Un plant ayant été stressé plus tôt en saison et possédant possiblement un système racinaire moins développé (peut-être plus en surface du sol) ne pourra subvenir à la demande en nutriments pour le remplissage de l’épi. Si le plant ne peut prélever au niveau du sol ce dont l’épi a besoin, il aura translocation des éléments nutritifs, sucres et eau à partir de la tige et des feuilles en direction de l’épi. Ce processus peut être plus rapide et plus drastique certaines années.

L’explication la plus probable du jaunissement hâtif des feuilles supérieures des plants est incontestablement liée aux conditions météorologiques des dernières semaines. Des températures particulièrement élevées (chaleur excessive) durant la période de remplissage ont grandement accéléré le processus de maturation de l’épi. La demande en sucres et nutriments étant forte, les feuilles (même au-dessus de l’épi) ont transloqué leurs ressources vers l’épi. Les plants stressés précédemment (carencés ou autre) ou possédant des caractéristiques agronomiques telles un système racinaire plus limité ou une tige de plus petit diamètre sont ceux dont les feuilles ont démontré ou démontreront probablement les symptômes de sénescence les plus sévères.

Source : Dekalb

 

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