Petit tracteur ira loin (suite et fin)

Les yeux sur la mire
Contrairement à d’autres équipements pour maraîchers, le tracteur polyvalent ne requiert qu’une seule personne pour la conduite et la tâche à réaliser dans le champ. Une fois les instruments bien ajustés, le conducteur n’a qu’à fixer les yeux sur une mire, sous forme d’un bâton orange aligné parfaitement sur un rang de la culture, installé tout juste devant l’essieu avant.

Le conducteur n’a pas à surveiller à le travail qui s’effectue sous ses pieds, puis à lever les yeux pour corriger la direction du tracteur. Grâce au système hydraulique, la profondeur du travail des instruments demeure fixe (aucune flottaison). Résultats : un travail encore plus précis qu’avec un GPS ou une caméra, effectué aussi rapidement et à moindre coût.

Chez Jean-Paul Leblanc, l’un des plus importants producteurs de navets au Québec, l’étendue de ses cultures maraîchères requiert de plus gros équipements, plusieurs étant usinés à la ferme. Le tracteur polyvalent qu’a conçu l’agronome de son club d’encadrement technique lui a néanmoins servi dans des parcelles.

Denis Giroux croit que son tracteur se prêtera parfaitement aux travaux chez les petits et moyens producteurs, qui font de la vente à la ferme ou dans des marchés publics. Les producteurs biologiques y trouveront aussi leur compte. « Le défi est toujours de sarcler au bon moment, pour éviter d’être envahi par les mauvaises herbes et ne plus arriver à prendre le dessus par la suite », soulève-t-il.

Quel avenir pour ce petit tracteur? Denis Giroux et le Club de lutte intégrée Bellechasse ne deviendront pas manufacturiers d’équipements agricoles! Pas question non plus de laisser le tout entre les mains d’un fabricant qui ne serait pas à l’écoute des besoins très spécifiques des producteurs maraîchers.

Dans l’immédiat, d’autres essais seront menés avec le prototype actuel, puis le tracteur demeurera parmi la trentaine de fermes membres du club.

Un prochain prototype verrait le conducteur s’asseoir encore plus près du sol et bénéficier d’un rayon de braquage inférieur (actuellement, il est de 12 pieds), pour tourner plus rapidement en bout de champ.

La production en série n’est pas pour demain, mais face à l’enthousiame qui lui témoignent les producteurs, Denis Giroux se promet se réfléchir au prochain stade du développement de son tracteur polyvalent au cours des longs mois d’hiver.

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