Point de vue de Jean Fontaine, président et chef de la direction du groupe de compagnie JEFO

Le 17 janvier dernier lors du Gala Cérès qui a lieu dans le cadre du Salon de l’agriculture, Jean Fontaine, agronome et homme d’affaires à la tête du Groupe JEFO, a été honoré. Une entreprise dont le fer de lance est la mise au point et la commercialisation de suppléments alimentaires pour les élevages. Le Bulletin a interrogé Jean Fontaine.

Est-ce que des concurrents de forte taille veulent acheter JEFO?

Je reçois des propositions tous les mois. Mais pourquoi vendrais-je? Les affaires vont bien et j’ai de la relève de grande qualité. Déjà quatre de mes sept enfants sont impliqués dans JEFO et les autres s’en viennent. Mon équipe est extraordinaire et très compétente. Quelque 70 universitaires travaillent chez nous. Non, JEFO n’est pas à vendre.

Donc, vous souhaitez développer encore?

Oui et très bientôt nous obtiendrons de nouveaux brevets pour des produits innovants qui permettront encore aux agriculteurs d’améliorer la santé de leurs animaux et la productivité de leurs entreprises. Aussi, avec le Campus JEFO que l’on vient d’inaugurer à Saint-Hyacinthe, nous disposons maintenant d’un complexe qui va faciliter le travail, les échanges entre nos équipes, la formation et l’accueil de groupes. C’est un outil majeur pour faciliter le réseautage, ici comme à l’international.

Vous êtes reconnu pour votre vitesse de réaction dans l’entreprise et dans les affaires. Qu’en pensez-vous?

J’analyse rapidement, je réagis vite et les décisions se prennent promptement. Je suis un homme d’action. Avec ma formation et mon expérience d’agronome d’une part et un bon sens des affaires, je pense, je décide vite et ça marche. Je ne serais pas à ma place en politique. Je n’aurais pas la patience de toutes les négociations et compromis que cela implique.

On connaît JEFO, partout à travers le monde, non?

On me connaît depuis 35 ans. J’ai commencé dans une chambre transformée en bureau dans une résidence avec deux téléphones. Mes observations du marché, ici et à l’étranger, m’ont poussé à entreprendre l’importation de phosphate et de bicarbonate. Depuis, la gamme s’est beaucoup élargie : vitamines, minéraux, enzymes, acides aminés et aussi des produits mis au point par JEFO même. Mes produits ont rapidement été très concurrentiels et j’ai permis une amélioration notable de la compétitivité de notre agriculture, par l’intermédiaire des entreprises qui incorporent nos éléments dans leurs pré-mélanges et dans leurs aliments livrés à la ferme. Nous avons développé des affaires dans 57 pays. Il y a des JEFO Australie, Europe, Chine, Colombie, États-Unis et bientôt Singapour. Et tout cela en plus de JEFO Transport, Construction, Nutrition et bien sûr JEFO Logistique avec son centre de grain et ses grandes capacités de transit. Il y a en tout une trentaine de compagnies.

Vous soulignez fréquemment le fait que vous offrez beaucoup de produits naturels, n’est-ce pas?

On ne vend pas de médicaments ni d’antibiotiques. D’ailleurs, dans des pays comme la Chine, l’un des points d’intérêt pour JEFO est qu’elle offre la possibilité d’éliminer des médicaments dans les élevages. Les facteurs de croissance dans l’alimentation sont, par exemple, des enzymes, des huiles essentielles, des acides aminés, etc. Et bientôt vous verrez, nous allons défier les anciennes croyances en nutrition animale. Attendons le brevet, on en dira plus ensuite.

Et comment recevez-vous le Cérès Honoris Causa 2018?

Avec un plaisir immense. Être reconnu et honoré chez soi, c’est la consécration, la reconnaissance que ce que l’on a fait a été d’un grand apport à notre secteur agricole. J’ai toujours voulu que mes actions profitent aux gens de chez nous. JEFO est un fleuron de Saint-Hyacinthe qui rayonne maintenant à travers le monde, et ce n’est pas fini! Je vois de mes compétiteurs qui sont forts à l’international, mais qui ne le sont pas chez eux. Pour moi, pour JEFO, la confiance des gens de chez nous est essentielle. Il me fait chaud au cœur également de constater le grand respect de l’industrie à mon endroit et pour les réalisations de JEFO. L’entreprise n’est pas connue du grand public et c’est un peu normal, car nos gens travaillent, comme on dit, sous le radar. La préoccupation chez nous, c’est l’amélioration constante de notre offre pour amener l’agriculture à toujours plus de qualité et d’efficacité. J’ai appris depuis longtemps à dire merci. Dire merci, c’est essentiel. C’est souvent le secret du succès et un excellent investissement dans l’avenir. Merci pour ce prix Cérès et bon Salon de l’agriculture 2018.

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