Robert Saik

« D’ici 2050, nous devrons accroître notre productivité de 60 à 70% »

En 2050, on estime que la population de la planète frôlera les neuf milliards d’habitants. À l’évidence, des défis colossaux attendent le secteur agricole. «Pour arriver à combler les besoins alimentaires de la population mondiale en 2050, nous devrons produire autant d’aliments dans les 30 prochaines années que nous en avons produit depuis 10 000 ans, prévient Robert Saik. Cela veut dire que d’ici 2050, nous devrons accroître notre productivité de 60 à 70%.»

L’agronome se dit convaincu qu’on peut arriver. Données à l’appui, il met en relief les gains de rendement et de qualité obtenus à mesure que l’agriculture a progressé. Il insiste en particulier aux développements technologiques des dernières décennies comme les organismes génétiquement modifiés, les pesticides, l’agriculture de précision et la robotisation. «Si le monde s’est tant amélioré au plan alimentaire au cours des dernières décennies, c’est grâce à la science», soutient-il.

Toutefois, Robert Saik en a contre ceux qui voudraient priver les agriculteurs de ces outils. Contre ceux qui, par exemple, s’opposent à l’utilisation des pesticides ou des OGM. «La question n’est pas de savoir si nous sommes en mesure de nourrir neuf milliards de personnes, s’alarme-t-il. C’est plutôt de savoir si on nous permettra de le faire.»

«En Amérique du Nord, on dépense moins de 10% de notre budget pour se nourrir, rappelle-t-il. On dirait que moins il nous en coûte cher pour nous nourrir, plus nous trouvons du temps pour nous plaindre de nos aliments.»

Il s’inquiète des répercussions potentielles de ce qu’il appelle la paranoïa alimentaire. «Interdisez les pesticides et la production mondiale chute demain matin de plus de 40 %», avertit-il.

L’agronome ne se montre pas pour autant insensible aux risques environnementaux. «Nous devons veiller à pratiquer une agriculture éternellement durable», dit-il, soulignant que des efforts réels se font déjà en ce sens. «Les pesticides sont de plus en plus spécifiques et nous en utilisons de moins en moins», donne-t-il en exemple.

Biographie

Appuyant ses affirmations sur des arguments solides, maniant habilement la formule-choc, Robert Saik s’est acquis une réputation de défenseur vigoureux de l’agriculture. Ses conférences, tout comme ses livres, proposent de prendre du recul en ce qui a trait à l’évolution de l’agriculture et à son état actuel afin de mieux affronter les défis à venir.

Le conférencier appuie sa vision sur une longue et riche feuille de route. Fils d’agriculteurs albertains, il a démarré au fil des ans plusieurs entreprises actives dans la fourniture d’intrants agricoles. La firme de consultation AgriTrend constitue une de ses réalisations les plus impressionnantes. Cette entreprise (dont il s’est départi en 2016) compte plus de 250 agronomes actifs à la grandeur de l’Amérique du Nord et dispose d’une banque de données englobant 70 millions d’acres.

Plus récemment, il a fondé AGvisorPRO. Surnommée «l’Uber de l’agriculture», cette plate-forme numérique permet aux agriculteurs de soumettre directement des problèmes à des spécialistes. Robert Saik assume aussi la direction de DOT Farm Solutions, la filière de distribution du fabricant d’équipements de culture robotisés DOT Technology Corp.

En parallèle, il poursuit une prestigieuse carrière d’agronome consultant qui l’a amené de la Russie au Pérou en passant par l’Ouganda, la Nouvelle-Zélande et une multitude d’autres pays.

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