Blé d’hiver vivant ou non!

Ici, le sol est encore couvert sur 50 % de sa surface. Avec la pluie annoncée, tout devrait être découvert d’ici quelques jours. Après six mois d’attente, je commence à avoir hâte de savoir à quel genre de pourcentage de survie j’aurai droit pour le blé d’hiver.

Au fil des ans, j’ai noté plusieurs observations printanières qui me permettent d’évaluer notre niveau de réussite. Si en partant, on le voit apparaître tout vert comme une salade toute fraîche, c’est déjà bon signe. Mais attention, il arrive qu’au dégel, le plant se mette à dépérir quelques jours plus tard. On doit éviter les températures en bas de -19 oC. Pour les températures froides en haut de ce niveau qui restent à venir, il n’y a pas d’inquiétude à y avoir tant que le blé n’est pas débourré. Encore là, ça dépend à quel stade de niveau de démarrage le blé se situe. Le plus épuisant, c’est un débourrage, suivi d’une période de fort gel, suivi d’un autre débourrage. J’ai déjà observé du blé démarré passé au travers de trois nuits consécutives à -8 oC. Le bout des feuilles brûlées, mais le plant tellement fort qu’il n’a jamais arrêté de pousser avec une coiffure deux couleurs.

Dans le garage, ça prend une bonne dizaine de jours à 12 oC avant de voir apparaître de nouvelles pousses. Dehors, avec des nuits encore près du point de congélation, c’est un peu plus long. Alors ça me donne environ 10 à 15 jours de marge. Dès que j’en ai l’occasion, je marche le champ de long en large pour identifier des zones un peu suspectes. Si je tire sur le plant et qu’il s’arrache facilement, ce n’est pas bon signe. À l’inverse, j’observe si les racines sont bien blanches. J’en profite pour mettre des drapeaux sur des plants, prendre des notes pour revenir voir par la suite la progression. Ça me permet de me faire l’œil. Mon feeling me dit qu’on a réussi, mais d’ici une quinzaine de jours, on aura la vraie réponse. Tout un challenge de cultiver au pays de l’hiver!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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