Créer nos opportunités

Je n’ai aucune inquiétude quand je regarde notre position stratégique pour le printemps qui arrive

Qu’on y croit ou non, nous subissons déjà les effets des changements climatiques. 2019 en est un bel exemple, j’espère seulement qu’on aura encore un peu de temps avant de revivre une autre année du même genre.

On ne sera pas toujours dans les extrêmes, mais les écarts de variabilités seront de plus en plus grands. Période plus longue de canicule, des surplus d’eau ponctuel suivi d’une sécheresse. Même si on nous prédit des accumulations UTM beaucoup plus hautes que ce qu’on vit présentement sur une moyenne annuelle, c’est loin d’exclure des saisons interrompues par un gel hâtif. Raison de plus pour contrôler ce que je peux réellement contrôler. Je dois construire mon système de culture afin de me créer des opportunités. Ça se traduit par plusieurs petits gestes. Au lieu de me plaindre que l’on n’a pas assez de neige et que la glace donne peu de chance à notre blé d’hiver on y a intégré une clôture à neige végétale de lin. Nous avons ajouté des cultures courtes dans notre rotation afin de nous permettre d’implanter des couverts végétaux à fort potentiel. Le fait d’ajouter des cultures différentes dans notre système nous permet d’étirer la fenêtre idéale de semis. Du blé d’hiver en septembre, du blé de printemps pratiquement sur sol gelé en avril, le maïs, le soya, les petits pois et on termine avec les haricots secs début juin. Passer de 225 ha de maïs à 105 ha nous permet en un clin d’œil d’avoir l’efficacité d’un planteur de 16 rangs avec le même 8 rangs qu’on possède déjà. Sans oublier la pression énergétique de tout sécher le maïs. Moins de maïs à sécher moins de temps d’attente pour le séchage à haute humidité et moins besoin de volume d’entreposage.

On a fini notre saison 2019 sur les chapeaux de roues. Je n’ai aucune inquiétude quand je regarde notre position stratégique pour le printemps qui arrive. Nos couverts végétaux  étaient parfaits, on a réussi à bien travailler le peu de surface qu’on a à travailler. Nos champs de maïs étaient déjà destinés au semis direct de soya donc aucune improvisation. Présentement, on planche sur nos plans B et C. On planifie nos au cas où! Afin de s’assurer que ces solutions deviennent de nouvelles opportunités.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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