De la morelle dans notre récolte de blé

Avec un risque aussi élevé de morelles en 2022, on doit tout remodeler le système

On place nos pois verts où en 2022? Un beau casse-tête!

On termine notre récolte de blé de printemps aujourd’hui. Surprise : première fois qu’on se retrouve avec de la morelle en assez bonne quantité dans une récolte de blé. On sait un peu d’où ça vient. Échappé quelques-unes il y a trois ans dans le maïs-grain pour se retrouver avec une explosion dans le soya l’année suivante. Cette année, on se croyait assuré de les éliminer facilement avec les herbicides appliqués dans le blé. Au pire, on éliminait les retardataires en fauchant le blé. Avec le printemps sec de cette année, on a l’impression qu’elles se sont pointées après la pulvérisation. Elles semblaient assez petites. Quand le blé a commencé à sécher et laisser passer la lumière, elles se sont exprimées un peu plus. Résultat : on se retrouve avec de la graine de morelles encore verte. Ça bouscule la planification de notre système de culture. Normalement, on récolte le blé, on élimine les vivaces et on sème un couvert végétal en prévision de la culture de pois vert de conserverie pour l’année suivante. Avec un potentiel aussi élevé pour un risque de morelles en 2022, on doit tout remodeler le système. Morelle et pois verts, ça ne va pas ensemble. Si on en trouve à la récolte, le champ sera carrément abandonné. Impossible de séparer un grain de morelle d’un grain de pois vert. On pourrait penser traiter avec du « pursuit ». Mais il est résiduel et empêche notre clôture végétale de lin de pouvoir bien se développer en plus de courir le risque d’en échapper et ainsi perdre la récolte de pois au complet. Il faut donc déplacer le planning des champs de pois vert pour 2022. On a déjà nos premiers couverts végétaux de bien établis. Ça limite nos possibilités de réorganisation sans compter les limites de planification pour les champs de semences sélects. C’est fou comment une erreur de parcours d’il y a trois ans peut affecter un système bien établi. Cultiver plusieurs cultures en système en insérant des intercallaires et couverts végétaux, ça demande de la planification et une bonne capacité d’adaptation. En fait, ça résume très bien nos défis quotidiens. C’est ça! Toute une job! Profession agriculteur.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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