Glyphosate, victime de son succès?

Le glyphosate est sur le banc des accusés en Europe. Jusqu’à tout récemment, on envisageait même l’option de carrément le retirer du marché pour finalement obtenir un sursis de cinq ans. On prétend qu’il est utilisé à trop grande échelle, qu’il est polluant et possiblement cancérigène. Même ici, on sent une certaine inquiétude.

Dès qu’on mentionne le glyphosate comme source d’un problème, les lignes ouvertes et les médias sociaux s’enflamment. Je me demande, par contre, si le glyphosate n’est pas victime de sa popularité. Efficace et peu dispendieux, c’est difficile de passer à côté. Le problème n’est pas la nature du produit, mais peut-être plus un problème de gestion de son utilisation. Utilisé trop souvent sans prendre toutes les précautions nécessaires. Résultat : on voit apparaître des mauvaises herbes résistantes.

En consultant Sage pesticide, on peut facilement constater que du côté IRS et IRE, c’est un des produits les plus sécuritaires. Alors, comment peut-il se retrouver dans les cours d’eau si son indice de lessivage est faible? Probablement par le lessivage des particules de sol. Certains pensent à tort que bannir le produit réglerait le problème. Mauvaise idée! Éliminer le produit et laisser la place à d’autres produits encore moins performants ne ferait qu’aggraver la situation. On doit plutôt contrôler nos particules de sol.

L’hiver dernier, j’ai assisté à une présentation sur l’évaluation des pertes par lessivage de surface. J’étais déçu de constater qu’on évaluait seulement dans des champs sous régie conventionnelle sans comparaison avec des champs en semis direct ou avec un certain couvert végétal. Pourquoi? Par manque de budget! Franchement, il serait temps qu’on évalue, chiffres à l’appui, l’effet de nos pratiques. En attendant, je reste convaincu qu’on élimine la majeure partie des pertes par érosion en pratiquant des méthodes de conservation des sols en surface. Je fignole mes rotations de groupe d’action tout en améliorant notre régie de lutte intégrée. Notre devise : ce qui se passe dans le champ doit rester dans le champ! Question de fierté… Profession Agriculteur!

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