Le marché du maïs, sur le bord du précipice?!

Jean-Philippe Boucher agr., MBA jpboucher@grainwiz.com

Jean-Philippe Boucher agr., MBA [email protected]

Le marché du jour du maïs à Chicago a clôturé vendredi dernier à un nouveau creux inégalé depuis l’automne dernier à 3,6450 $US/boisseau. Dans cette foulée, celui de la prochaine récolte, le contrat à terme de décembre 2015, a aussi terminé la semaine à un creux de 3,8850 $US/boisseau, son plus faible niveau depuis octobre dernier. Mais ce qui préoccupe davantage, c’est qu’il y avait jusqu’ici beaucoup d’hésitation à passer sous certains niveaux clés à Chicago : essentiellement, sur le contrat à terme de mai 2015 le chiffre magique était 3,70 $US/boisseau, et sur le contrat à terme de décembre 2015, 3,90 $US/boisseau.

Sauf qu’avec le recul de vendredi, ces niveaux importants ont maintenant été écartés du revers de la main. La raison? En plein printemps, pas besoin de chercher de midi à quatorze heures pour trouver la réponse…

Après un début de printemps frais et humide dans plusieurs régions aux États-Unis, les dernières prévisions proposent un retour progressif à des conditions plus propices aux ensemencements.

Alors voilà, il semble que la porte soit maintenant ouverte à un recul plus important du prix du maïs dans les prochaines semaines. Mais, à quel point?

À en croire les différentes opinions des analystes de marché, il s’agit surtout d’une question de temps.

Si on se concentre sur les prochaines semaines, en effet, on doit s’attendre à ce qu’un recul plus inquiétant puisse survenir. Les producteurs américains devraient être en mesure de semer rapidement les superficies prévues. Les marchés devront donc s’ajuster dans l’idée que la prochaine récolte pourrait être encore importante cette année. Et comme il reste encore aussi d’importantes quantités de l’ancienne récolte à écouler, on peut s’attendre à voir les prix à Chicago reculer à 3,60… 3,50… et qui sait, peut-être même toucher à nouveau le creux de l’automne dernier à 3,1825 $US/boisseau.

Par contre, sur un horizon de temps plus éloigné, les raisons pour écraser davantage à la baisse le marché du maïs sont moins certaines :

  • Les superficies ensemencées cette année sont moins importantes aux États-Unis pour une 3e année consécutive. La pression est donc plus forte pour que les producteurs obtiennent de bons rendements. Et, comme on sait, de ce côté, plusieurs surprises peuvent encore nous attendre d’ici les récoltes;
  • aux États-Unis, on dit que les producteurs investiront moins dans leurs intrants (engrais et phyto) pour assurer un bon rendement. Ça fait maintenant plus de deux ans que les prix sont à la baisse, et les liquidités les inviteraient à économiser de ce côté;
  • statistiquement, on dit que les quatre dernières occasions où les producteurs américains ont obtenus des rendements record, l’année suivante aura été très décevante. C’est ce que le graphique ci-joint suggère d’ailleurs. Or, l’an dernier était justement une année de rendements record aux États-Unis…

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S’il y a bel et bien risque de voir reculer le prix du maïs à Chicago ce printemps, il serait donc moins sûr qu’il atteigne de nouveaux creux sous celui observé à l’automne dernier. En fait, certains pensent même que d’ici quelques semaines, le marché du maïs pourrait amorcer un retour à la hausse plus définitif et intéressant. Une lueur d’espoir à l’horizon…

 

 

 

à propos de l'auteur

Collaborateur

Jean-Philippe Boucher

Jean-Philippe Boucher est agronome, M.B.A., consultant en commercialisation des grains et fondateur du site Internet Grainwiz. De plus, il rédige sa chronique mensuelle Marché des grains dans le magazine Le Bulletin des agriculteurs.

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